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Journee musee

Vendredi 16 Mars, Wellington

vendredi 16 mars 2007, par Laure


Nous profitons de la "grande ville" pour effectuer quelques courses et notamment changer nos dollars australiens qui risquent de ne pas etre tres utiles en Amerique du Sud. A part ca, le tour de la ville est vite fait ! Comme toutes les villes neo zelandaises, Wellington a le gros defaut de n’avoir aucune histoire et aucun batiment marquant. Comme il s’agit de la capitale, les batiments administratifs necessaires ont bien ete construits mais ils sont modernes, sans grand interet et meme les habitants reconnaissent qu’ils sont plutot moches. La ville manque d’ame, se disperse dans des faubourgs residentiels et, malgre sa belle situation sur des collines en bord d’ocean, n’a aucun charme du fait des constructions anarchiques qui gachent l’environnement. Le centre ville se limite a quelques rues vite arpentees et, alors que la ville est decrite comme la capitale gastronomique de la Nouvelle Zelande, nous peinons a trouver un restaurant acceptable. Nous avons le choix entre des bistrots branchouilles au decor tres leche, avec musique a fond et prix a fond aussi (quant a la cuisine on n’ose pas imaginer) ou divers restaurants ethniques, chinois, malaisiens, indiens, japonais, etc. Nous tournons en tous sens notre Lonely Planet si elogieux pour trouver une adresse neo zelandaise, en vain, nous mangerons une fois de plus indien ou asiatique. Les villes de Nouvelle Zelande n’ont aucun interet, ca nous nous en doutions deja un peu puisqu’il s’agit d’un pays neuf, mais nous en avons ici la preuve eclatante.

Heureusement, notre journee est sauvee par le merveilleux Te Papa, un musee eclectique, abordable, moderne et en plus gratuit, ce qui n’arrive absolument jamais en Nouvelle Zelande ou tout est fait pour soutirer l’argent des touristes. Nous en avions eu un petit apercu hier, nous y passons la plus grande partie de la journee d’aujourd’hui, ne nous arretant que pour la pause dejeuner et une petite promenade en bord d’ocean, histoire de visiter quand meme le port. Nous passons d’une exposition et d’un theme a l’autre et, meme si parfois nous aimerions que certains points soient plus fouilles (c’est un peu le defaut de ce genre de musee touche a tout), nous apprenons quand meme plein de choses. Notre exposition preferee analyse l’impact de la presence humaine sur une ile auparavant vierge de tout habitant comme la Nouvelle Zelande. Meme si les ennuis pour la faune et la flore locales ont commence avec les Maoris, amenant avec eux quelques animaux domestique et defrichant certaines forets, le gros des degats commence avec la colonisation anglaise. Le but des anglais etait de profiter de cette terre "inoccupee" (hum) pour la rentabiliser en implantant des elevages de moutons tout en recreant aux antipodes l’equivalent de la campagne anglaise. Leur arrivee fut donc synonyme de defrichage massif et quand on voit ce qui reste de la foret originelle de nos jours, on ne peut qu’etre horrifie. Detail plus amusant, ils jugerent bon d’importer diverses especes de plantes et d’animaux pour que les pauvres colons exiles loin de leur patrie se sentent un peu plus chez eux. La liste de toutes les especes etrangeres (et le plus souvent inutiles) introduites en Nouvelle Zelande et prosperant au detriment des animaux et plantes d’origine est impressionnante. Nous sommes quand meme surpris par la mauvaise conscience des Neo Zelandais vis a vis de la nature. Si on en croit les panneaux explicatifs, l’objectif est de revenir a une sorte "d’etat de nature" anterieur a l’arrivee humaine en prenant toutes les mesures necessaires pour eradiquer les nouvelles especes ou remettre en etat les paysages tels qu’ils etaient avant (mais quand ?). C’est non seulement illusoire mais en plus un peu idiot puisque la nature elle meme, avec ou sans l’homme, evolue et qu’il faudrait donc determiner quel est cet etat ideal a atteindre ! De plus, cela justifie des mesures qui me paraissent plutot anti ecologiques comme le defrichage des pins qui sont venus remplacer la foret d’orgine et se plaisent trop bien ici (resultat, on arrache des arbres et on laisse des collines pelees) ou la destruction systematique des opossums consideres comme nuisibles car predateurs de la faune locale (resultat, le sport national consiste a ecraser en voiture ces petites betes que l’on retrouve aplaties le long des routes avec d’autres bestioles que des conducteurs myopes ont du confondre avec l’opossum honni). A part cela, l’ecologie s’arrete (comme dans la plupart des autres pays du monde d’ailleurs) la ou commence la gene pour les habitants et/ou les industriels, ce qui n’empeche pas de se donner bonne conscience en denoncant les mefaits humains...

Pour nous changer les idees apres cette exposition un peu deprimante, nous visitons le clou du Te Papa, une foret typiquement neo zelandaise reconstituee en pleine ville dans l’enceinte du musee. L’illusion est etonnante puisque les arbres sont suffisamment hauts pour cacher les buildings alentour et que les differentes zones reproduisent les differents types de paysages de l’ile. Des canards se baladent tranquillement sur la riviere qui coule au pied du musee et nous en profitons pour photographier Baloo en aventurier sur un pont suspendu au dessus des arbres. La foret en ville, voici une idee originale et reussie, loin des considerations ideologiques inutiles !

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