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on est partis


Des volcans invisibles

Samedi 17 et Dimanche 18 Mars, National Park

dimanche 18 mars 2007, par Laure


Le temps gris est de retour aujourd’hui, comme l’avait prevu la meteo, ce qui ne nous arrange pas du tout puisque nos reservations d’hotels nous obligent a partir pour le parc national de Tongariro ou nous comptions randonner a travers les volcans. N’ayant pas grand chose au programme par ce mauvais temps, nous preferons rester en ville ce matin pour terminer la visite du Te Papa : au moins, on ne pourra pas dire que nous ne l’aurons pas explore en detail, ce musee ! Nous prenons la route en debut d’apres midi sous la pluie qui commence a tomber et traversons tout d’abord les banlieues sans fin et les villes successives des environs de Wellington. L’ile du Nord est beaucoup plus peuplee et industrialisee que l’ile du Sud et cela se sent. Nous sommes soulages de quitter la grande route et ses villages sans ame pour une route de campagne, tout de suite plus bucolique. Nous traversons d’adorables collines bien vertes avec pas une maison a l’horizon et pour seuls habitants d’enormes moutons laineux, publicites vivantes pour la Nouvelle Zelande. Les paysages sont tres jolis malgre le ciel gris et nous remontent un peu le moral. Il faut dire que le temps ne s’arrange pas et que c’est sous une pluie battante que nous arrivons a National Park, minuscule village cree de toutes pieces dans le parc national (et oui, ici on ne s’embarrasse pas trop avec les noms !). Heureusement, nous sommes accueillis chaleureusement par la proprietaire du motel, tres sympathique, qui nous conduit jusqu’a une chambre douillette au dessus de la salle commune ou brule un bon feu. Elle nous designe la fenetre de notre chambre en nous indiquant que la, d’habitude, on a une vue superbe sur les volcans... Et bien, il va falloir etre imaginatifs, surtout qu’elle nous decourage quand nous lui indiquons nos projets de randonnee pour demain. La meteo n’est pas bonne du tout et la probabilite que nous puissions faire le "Tongariro Crossing", cette randonnee d’une journee a travers les volcans, est quasi nulle. Nous nous demandons bien ce que nous allons pouvoir faire dans ce petit village a l’animation inexistante, compose de quelques maisons, des hotels pour les touristes, trois restaurants en tout et pour tout et une unique epicerie abritee dans la station service. Il ne nous reste plus qu’a aller nous coucher en esperant un miracle pour le lendemain matin.

Helas, ce dimanche, le miracle n’a pas eu lieu et nous nous reveillons avec un temps encore pire que la veille. Le brouillard nous cache les batiments voisins, le froid est mordant et une pluie battante nous trempe le temps de gagner la cuisine pour nous faire notre petit dejeuner. Decidement, ce pays nous plait de plus en plus... Nous nous resignons a rester enfermes a l’hotel, la region n’offrant aucune autre distraction et le temps etant vraiment trop mauvais pour mettre le nez dehors. Nous bouquinons dans le confortable salon (c’est deja ca) en contemplant la pluie sur les vitres et passons finalement le temps plutot agreablement. Nous sommes quand meme un peu deprimes par l’idee que ce sejour en Nouvelle Zelande nous coute plus en 3 semaines que deux mois en Asie, tout ca pour ne pas faire grand chose d’interessant (euphemisme). La deception est a la hauteur des attentes que nous avions placees dans ce pays.

Nous nous hasardons dehors pour aller dejeuner d’une soupe bien chaude et de nachos bien gras au petit restaurant voisin, installe carrement dans la gare. Notre tranquillite est vite perturbee par l’arrivee du train en provenance d’Auckland qui deverse ses dizaines de passagers pour une pause dejeuner dans la gare. Notre table est prise d’assaut par une foule de touristes ages en vadrouille qui semblent un peu decus par le mauvais temps ambiant, c’est sur qu’ils ne doivent pas profiter beaucoup des paysages. Nous nous replions jusqu’a notre hotel, toujours aussi tranquille, avant de repartir en milieu d’apres midi, la pluie se calmant un peu. Faute de mieux, nous decidons d’aller au centre d’informations touristiques du parc, situe dans la ville voisine, histoire de s’occuper un peu en profitant des expositions. Les conseils donnes pour la randonnee que nous voulions faire sont edifiants puisqu’ils expliquent qu’il faut etre pret a patienter dans la vallee jusqu’a la journee offrant une meteo adequate, ce qui n’a pas l’air d’arriver souvent vu le ton des panneaux. Apparemment, ce n’est pas nous qui sommes malchanceux mais bien la meteo locale qui est peu propice aux activites de plein air. Les expositions ne nous apprennent pas grand chose de neuf, a part que nous sommes dans une region volcanique avec tous les risques inherents a cette activite. Mais nous sommes par contre choques par une exposition pseudo pedagogique sur la faune locale denoncant l’ennemi public numero 1, le dangereux serial killer, l’abominable bestiole importee d’Australie, j’ai nomme l’opossum. Certes, ce petit mammifere s’est reproduit exagerement dans ce pays neuf depourvu de predateurs pour lui et fait une consommation effrenee de la flore locale et des oiseaux endemiques comme le kiwi, ce qui explique que sa presence soit jugee indesirable. Mais de la a expliquer que tous les moyens sont bons pour l’eradiquer et que tout bon citoyen doit etre pret a prendre son fusil pour en tuer deux ou trois s’il les croise, ou meme pour tuer le chat du voisin si celui-ci (le chat, pas le voisin) se livre a l’activite hautement reprehensible de chasser dans la nature, horreur, il y a une nuance ! Moults panneaux expliquent pourquoi chacun doit etre concerne et proposent aux habitants de leur fournir pieges et trappes pour traquer l’indesirable sur leur terrain, leur expliquant bien sur qu’une fois l’animal piege il faut l’abattre "proprement" d’un coup de fusil pour qu’il ne souffre pas (car bien sur, tout bon citoyen possede son fusil ?). Cela justifie aussi de repandre dans la nature des kilos de pesticide qualifie de non toxique pour l’environnement (mais qui en connait vraiment les consequences ?) afin d’empoisonner l’animal. Le comble est atteint avec des affiches dignes de la plus belle propagande guerriere expliquant qu’il ne faut pas se fier aux apparences et que cette jolie petite boule de poils est en fait un etre malfaisant. Mais qu’est ce que c’est que ce pays qui a besoin d’endoctriner ainsi ses citoyens (et les enfants a qui l’exposition s’adresse aussi) pour eradiquer une pauvre bestiole qui n’a rien demande a personne et a ete introduite ici par les neo zelandais eux memes ? Decidement, nous avons bien du mal a supporter la mentalite neo zelandaise, melange d’angelisme ecologique sans aucun fait concret et de dogmatisme bien pensant base sur une culpabilite mal digeree. Nous oublions vite l’agacement genere par cette exposition idiote en profitant de la breve eclaircie du soir pour une courte promenade vers les chutes d’eau Tawhai qui n’ont jamais ete aussi impressionnantes vu la quantite d’eau tombee aujourd’hui. Nous admirons les flots d’eau se deversant sur les rochers tout en esperant que le ciel sera plus clement demain et nous permettra au moins d’apercevoir les volcans avant notre depart.

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