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Crateres dans le brouillard

Lundi 19 Mars, Taupo

lundi 19 mars 2007, par Laure


Le temps s’est un peu leve ce matin et, surtout, la meteo est bonne et nous promet de belles eclaircies. Apres avoir passe une journee pour rien coinces dans ce minuscule village, nous decidons de tenter l’aventure malgre le ciel encore gris. A defaut de la randonnee entiere qui necessite une bonne journee de marche, nous ferons au moins le debut avant de reprendre la route pour notre etape de ce soir. Nous apprenons de la proprietaire de l’hotel que les fortes pluies d’hier ont entraine un lahar, c’est a dire l’ecoulement soudain de l’eau et des cendres accumulees dans le lac du cratere du volcan voisin. Cet evenement qui peut etre desastreux si les enormes quantites de boue ainsi deversees traversent des zones habitees n’a pas cause de victimes mais fait la une de tous les journaux ce matin. Et dire que nous etions juste a cote sans rien avoir pu voir du spectacle ! Le comble est quand meme que les expositions du centre touristique du parc que nous avons visite hier rendaient compte de la probabilite de ce phenomene, bien sur dument monitore et surveille. Or, alors que nous y etions en fin d’apres midi, les affiches indiquaient toujours les hauteurs d’eau mesurees dans le lac sans le moindre petit mot sur l’ecoulement qui venait de se produire vers 11h. Peut etre le centre etait il trop occupe a diaboliser le dangereux opossum pour avertir les touristes de la potentielle catastrophe naturelle en cours ?

Nous nous garons sur le parking du point de depart du "Tongariro Crossing" sous un ciel toujours aussi gris qui nous laisse dubitatifs quant a l’eclaircie prevue. Tant pis, nous sommes motives et gardons l’espoir d’apercevoir enfin ces volcans fantomes pour l’instant toujours caches dans leurs nuages. Nous entamons la promenade sur des sentiers typiquement neo zelandais, bien traces a travers la prairie et agrementes de portions entieres de planches pour ne pas abimer les petites herbes en dessous. On ne peut pas dire que le paysage nous enchante puisqu’apres plus d’une heure de marche nous traversons toujours une sorte de lande rase et plutot lugubre sans aucun apercu sur d’eventuels volcans au dessus de nos tetes. Et dire que cette randonnee est censee etre le top du top d’un voyage en Nouvelle Zelande... encore faut il pour cela etre la un des beaucoup trop rares jours de beau temps. Arrives jusqu’aux sources Soda Springs, le temps ne s’arrange pas puisque maintenant il pluviote et qu’un vent du diable nous glace. Les visages des quelques touristes qui redescendent en sens inverse ne nous rassurent pas puisque, loin d’avoir l’air enchantes par le paysage, tous paraissent geles et epuises et ont sorti anoraks et capuches. Mais quand meme, ce serait dommage d’etre venus jusque la pour ne rien voir, nous decidons de grimper jusqu’au premier col. Fini les beaux sentiers, la montee devient plus ardue et nous progressons dans les rochers et les eboulis de la pente du volcan. Nous passons le col du cratere sud et atteignons un plateau, cache dans le brouillard. Nous distinguons quand meme un drole de lac a la couleur jaune verdatre forme dans un ancien cratere. Nous poursuivons la montee sous les rafales de vent qui nous renversent presque pour atteindre le col avant l’arrivee au Red Crater. Nous avons un tres vague apercu, quand les nuages veulent bien se dechirer un peu, de ce que pourrait etre le paysage avec la plaine desolee d’ou emergent les sommets des volcans. C’est sur que cela doit etre impressionnant. En attendant, nous abandonnons et nous resignons a l’evidence : nous ne verrons rien de plus aujourd’hui et, le vent devenant difficile a supporter, mieux vaut redescendre.

De retour a la voiture, 4 bonnes heures plus tard, me voila encore plus morose. Avoir marche si longtemps dans le froid et le vent pour ne rien voir, c’est encore plus enervant que d’avoir ete bloques par la pluie hier. Nous reprenons notre route et finissons par trouver l’eclaircie que nous avait promise la meteo. Les nuages avaient tout simplement decide de s’accrocher de ce cote de la montagne et, une fois sur l’autre versant, le ciel bleu est bien present. Cela nous permet au moins de profiter d’une belle vue sur le lac Taupo, immense etendue d’eau bleue a l’horizon. Ironie du sort, ce n’est qu’une fois a proximite de ce lac, a une centaine de kilometres de la ou nous logions hier que nous voyons enfin sur l’horizon les fameux volcans que nous aurions tant aime apercevoir un peu plus tot. Helas, l’hotel ou nous devons loger ce soir vient assez vite gacher cette heureuse vision qui aurait pu nous remonter le moral. Notre chambre est un cube minuscule construit dans une sorte de bungalow en plastique qui nous permet de profiter en direct de tout ce que font nos voisins grace a ses cloisons si fines. Nous avons a peine la place d’y poser nos sacs, quant a deballer nos affaires nous n’y songeons meme pas. Au lieu du repos bien merite apres la randonnee de ce matin, nous voila quittes pour ressortir histoire de quitter cette ambiance deprimante. Nous flanons dans la tres touristique ville de Taupo, construite de toutes pieces pour le bonheur des estivants qui se pressent sur les rives du lac. Apres cette journee encore decevante, je dois me rendre a l’evidence : pour la premiere fois depuis le debut de voyage, je suis profondement decue par un pays. Jusqu’ici, j’esperais toujours que la journee du lendemain rattraperait mes impressions mitigees sur la Nouvelle Zelande mais, a quelques jours de notre depart, il faut bien reconnaitre que je n’aurai aucun regret a quitter ce pays. Thibaut partage mes impressions et, a l’oppose de ce que nous ressentons d’habitude quand nous partons d’un endroit, nous voila impatients de prendre notre vol pour Santiago dans 4 jours. Esperons que le Chili nous permettra de revenir aux emerveillements qui sont d’habitude notre quotidien depuis le debut de notre voyage, apres ces 3 semaines a oublier.

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