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La piscine des Shadoks

Jeudi 10 Mai, San Pedro de Atacama

jeudi 10 mai 2007, par Laure


Nous nous offrons une journee de repit apres le programme charge des derniers jours (et avant la suite), avec pour commencer une presque grasse matinee et un reveil qui sonne seulement a 9 heures. Nous tenons a voir une des curiosites de la region : que pouvait on construire de loufoque au milieu d’un desert, a part une piscine ? Et bien, c’est ce qui nous attend a Pozo Tres, lieu dit a 3 km de la ville qui a comme seul merite de posseder une source souterraine qui permet de remplir la dite piscine. Courageux et motives par la perspective d’un bon bain frais, nous decidons de nous y rendre a pied, de toute maniere il ne faut pas compter sur les transports publics dans cet endroit recule. Les indications du proprietaire de l’hotel nous permettent de trouver sans probleme la route ou plutot le chemin poussiereux qui doit nous y conduire. Il faut dire que se reperer ici est plutot facile, le village est traverse par une seule grande route, il suffit de savoir dans quel sens aller, et la vue porte ensuite a des kilometres dans le paysage desole. D’ailleurs, ce que nous imaginons etre la piscine, un bosquet d’arbres bien verts visibles au loin au bout de la route, nous parait tout proche. Accompagnes d’un chien ramasse dans le village et qui a decide de nous suivre pour profiter de la promenade, nous marchons a grands pas. Mais un detail bizarre me choque : alors que la piscine semble si pres, les poteaux electriques qui bordent la route sont etonnamment nombreux et deviennent minuscules au loin. J’essaye de les compter pour me faire une idee de la distance et dois abandonner avant la fin, faute de les distinguer suffisamment. Nous avons ete trompes par ces etendues desertiques, notre but est beaucoup plus loin qu’il n’y parait et, dans cet univers trompeur, nous avons la sensation etrange de ne pas avancer. La chaleur se fait etouffante, notre pauvre chien continue a gambader en tirant une langue de plus en plus longue et semble se demander si nous sommes devenus fous et ou nous l’emmenons ainsi. Le village devient de plus en plus petit au loin, autour de nous, nous ne voyons que sable, rochers et quelques bouteilles et autres plastiques, vestiges de la civilisation emportes la par le vent.

Autant dire que nous ne sommes pas faches d’arriver enfin a la dite piscine. Alors que nous nous attendions a trouver un tout petit bassin d’eau de source, nous decouvrons en fait un grand complexe ombrage, presque verdoyant (ou en tous cas, il l’est par contraste) avec un beau bassin digne de nos piscines europeennes. Seul detail : une grille obstinement verrouillee nous barre l’entree de ce paradis. Une feuille de papier negligemment accrochee a l’entree nous informe que la piscine de Pozos Tres sera fermee "jusqu’a nouvel ordre". Pas de chance, surtout que l’idee de faire ce chemin en sens inverse sans avoir pu nous rafraichir n’est pas vraiment attirante. Nous contemplons quand meme par le grillage ce decor surrealiste, bassin construit en ferraille avec de gros boulons et installations alentour du plus beau kitsch, le tout au milieu d’un desert aride et hostile sans le moindre habitant aux alentours. Decidement, si les Shadoks se lancaient dans la natation, ils sauraient ou venir s’entrainer !

Nous rentrons au village plutot fourbus, d’autant que nous avons tournicote un bon moment dans les faubourgs, beaucoup plus etendus que ce a quoi nous nous attendions. Ici les constructions dependent de la presence de l’eau et donc de la vegetation et le village s’etend assez anarchiquement partout ou la vie gagne sur le desert environnant. Nous nous contentons d’activites beaucoup moins epuisantes pour l’apres midi, a savoir une courte promenade nous offrant une belle vue et un coin de colline ou deguster notre gouter de l’apres midi. La journee est loin d’etre finie puisque ce soir nous sommes inscrits pour une seance d’observations des etoiles. Loin de toute grande ville et dans une atmosphere si seche, San Pedro est l’endroit ideal pour ce genre d’activite, les plus grands telescopes mondiaux sont d’ailleurs installes dans la region et d’autres encore plus enormes sont en construction. Nous avons decide d’en profiter plus modestement grace a un astronome francais installe ici qui propose des seances d’initiation pour le neophytes que nous sommes.

Nous partons au debut de la nuit pour sa maison situee en pleine campagne et sommes accueillis dans une atmosphere etrange, un grand salon baigne par l’obscurite au plafond perce d’une ouverture d’ou nous pouvons contempler le ciel. Il faut en effet que nos yeux s’habituent a la nuit si nous voulons distinguer quoi que ce soit a ce qui nous entoure. Les explications de notre hote sont passionnantes, a la fois completes et amusantes et nous donnent l’impression de percer les mysteres de l’univers en devenant d’un coup particulierement intelligents. Nous commencons par observer les etoiles a l’oeil nu, apprenant les bases de tout reperage dans ce ciel pour l’instant enigmatique. Les constellations auxquelles nous sommes habitues ne sont finalement qu’une question de culture et de convention puisque les Incas identifiaient quant a eux non pas les dessins obtenus en reliant les points lumineux des etoiles mais les zones d’ombre entre ces memes etoiles. Ainsi notre bonne vieille Croix du Sud est pour eux un lama sacre dont Alpha du Centaure serait l’oeil ! Question de culture et de perspective sans doute, toujours est-il que je trouve l’idee tres poetique. Il est temps de passer a l’armee de telescopes qui nous entourent, prealablement regles par Alain et sa femme. Nous allons d’enchantement en enchantement en decouvrant les merveilles que le ciel recele quand on prend la peine de le regarder de pres. Ici, une boite a bijoux bien nommee aux joyaux rouge, jaune et bleu (des etoiles d’ages differents), la les anneaux de Saturne qui nous font coucou, et encore des galaxies et autres nebuleuses aux formes etranges. Nous repartons enchantes de cette soiree pas comme les autres et prets a faire de beaux reves plein d’etoiles.

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