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Pas de troc sur les terrasses

Cuzco, Jeudi 31 Mai

jeudi 31 mai 2007, par Laure


Nous profitons de notre retour à Cuzco pour continuer la découverte des environs, décidément riches en sites de tous genres, au point que le choix est difficile. Après hésitation, je me décide pour Chinchero, un petit village typique réputé pour ses belles terrasses incas, son marché artisanal et surtout son marché au troc. D’après notre guide, c’est l’occasion de découvrir un vrai marché péruvien où les anciennes coutumes de troc ont survécu et où surtout les touristes sont encore peu présents. Allez hop, va pour Chinchero ! Nous rejoignons une des multiples gares de bus de la ville, trouvée un peu au hasard puisque cette grande cour animée où quelques véhicules attendent ne ressemblent pas à grand chose. Un bus nous part sous le nez mais nous n’avons pas à attendre puisqu’un autre est rapidement rempli à ras bords et prêt au départ. Nous apprécions vraiment de pouvoir voyager aussi simplement au Pérou, toutes les destinations autour de Cuzco sont accessibles avec les transports locaux, à des prix raisonnables sans devoir négocier interminablement des tarifs fantaisistes comme c’était le cas en Indonésie. Certes le confort n’est pas vraiment au rendez vous, surtout quand le bus est aussi bondé qu’aujourd’hui, mais cela permet d’être autonomes et nous n’attendons jamais bien longtemps avant de partir pour notre destination.

Nous sommes contents de découvrir à nouveau les beaux paysages de la campagne péruvienne à travers laquelle nous roulons une fois la ville quittée. Nous grimpons, traversant plusieurs villages et posant des passagers de ci de là, avant d’être déposés au milieu de nulle part à ce qui semble être notre destination. Nous sommes apparemment aux abords du village et partons un peu au hasard des rues de terre battue vers ce qui semble être le centre, même si cette appellation est un peu présomptueuse pour un si petit hameau. Nous arrivons en vue d’un guichet donnant accès au site inca, le hasard en a décidé, nous commencerons donc par là. Ce site n’est pas très impressionnant puisqu’il s’agit essentiellement de terrasses conçues pour les cultures et bordées de murs de pierre. Néanmoins, l’environnement avec la vue sur les champs au loin surplombés par les montagnes et le calme de l’endroit nous le rendent charmant. Nous sommes quasiment les seuls touristes et parcourons avec plaisir ces immenses terrasses, quel travail pour construire tout ça ! C’est étonnant de penser que ces terrasses déjà utilisées au temps des incas ont résisté jusqu’à aujourd’hui et servent encore aux cultures de nos jours. Notre balade nous amène à la place du village où une sorte de réunion des dames semble avoir lieu. Nous en profitons pour admirer discrètement leurs beaux costumes, toujours aussi colorés, et leurs longues nattes noires du plus bel effet. Un petit marché artisanal se tient sur la place mais ce ne doit pas être l’heure des bus de touristes, toutes les marchandises sont remballées et recouvertes de couvertures en tissu. A notre arrivée, quelques enfants se précipitent pour nous montrer leurs stands mais nous filons vite, ne souhaitant rien acheter de plus, surtout que l’on retrouve toujours le même type d’objets.

Le marché au troc semble avoir disparu, soit ce n’est pas le bon jour de la semaine, soit notre guide n’est définitivement pas à jour... pour ne pas être désagréable nous ne trancherons pas entre ces deux affirmations. Nous avions prévu de manger ici mais rien de bien enthousiasmant ne s’offre à nous. Nous retournons le long de la route où le bus nous a posés, bordée par quelques restaurants aux allures de boui-boui. Nous hésitons devant leur allure peu engageante et décidons de ne pas nous laisser rebuter, une devanture simple peut se révéler un bon moyen de manger la vraie cuisine locale. Nous choisissons au hasard celui qui a l’air le moins vétuste et pénétrons dans la salle mais là c’en est trop pour nous : la toile cirée des tables est franchement crasseuse, des mouches bourdonnent un peu partout, le ménage semble n’avoir pas été fait depuis des semaines, bref nous craignons le pire pour nos estomacs européens. Tant pis, nous rebroussons chemin et profitons de l’offre d’un taxi qui se propose de nous amener à Cuzco. Nous ne connaissions pas encore les taxis à la péruvienne, les vrais, et celui-ci réussit le tour de force de faire rentrer 8 adultes plus quelques énormes sacs de marchandise dans une voiture de taille moyenne. C’est comme l’histoire des éléphants dans la 2CV, il suffit de mettre 2 passagers devant à côté du chauffeur, 4 derrière... et deux dans le coffre ! A mi chemin, un des pneus proteste contre cet excès de poids et crève inopinément. Nous nous inquiétons de la suite de notre périple mais le chauffeur ne fait ni une ni deux et change la roue en un temps éclair pour une roue de secours qui semble elle aussi avoir bien vécu. Nous profitons d’arriver dans un quartier populaire de Cuzco, loin des restaurants à touristes, pour goûter une drôle de spécialité locale : le restaurant chinois. Et oui, les péruviens ont aussi leurs immigrants chinois qui bien sûr se consacrent pour certains à la cuisine. Les serveurs s’amusent beaucoup de notre présence et celui qui prend notre commande veut à tout prix me dissuader de commander le plat que je souhaite, le jugeant inadapté à notre palais occidental. Nous retrouvons avec plaisir nos souvenirs d’Asie et nous régalons avec des assiettes plus que copieuses à un prix dérisoire. Voici une alternative intéressante à la "polleria" habituelle !

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