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Cactus et corail

Samedi 30 Juin, Uyuni

samedi 30 juin 2007, par Laure


La nuit a été longue, entre maux de ventre, sans doute dus à l’altitude, et froid glacial. Notre fidèle petit thermomètre chinois, emporté pour pouvoir témoigner des conditions difficiles de notre aventure ( !) nous indique qu’il fait 5 tout petits degrés dans la chambre. Finalement, nous serons aussi bien debout et malgré l’heure très matinale, nous prenons notre courage à deux mains, enfilons polaires, bonnets et gants et partons contempler le lever de soleil sur le salar. Finalement, le sel est un bon isolant puisqu’il fait -12°C dehors ! Les lamas dans leur enclos ont l’air aussi ensommeillés que nous, les doigts sont trop gelés pour appuyer sur le déclencheur de l’appareil photo mais le spectacle en vaut le coup d’oeil. Tandis que la lune éclaire d’une lumière bleutée l’immense étendue blanche du salar, le soleil s’élève à l’horizon et colore peu à peu le paysage de toutes les nuances de l’orangé et du rose. Malgré la nuit difficile, nous ne regrettons pas d’être là en un moment pareil.

Un de nos 4x4 n’a pas plus apprécié le froid que nous et refuse obstinément de démarrer. Oups, pas envie de passer une seconde nuit ici, moi ! Heureusement nos guides semblent habitués à ce genre de situations et ont raison du récalcitrant. Le temps de ficeler tous les paquets sur le toit, nous voilà partis. Au programme ce matin, une petite excursion permettant d’aller voir de plus près le volcan Tunupa dont le cratère déchiqueté surplombe le village où nous avons passé la nuit. Nous garons les voitures après quelques cahots sur une piste défoncée et partons à pied. Dans une petite grotte sont conservées des momies trouvées sur le flanc du volcan mais, surprise, une grille flambant neuve en barre l’accès. Les guides se concertent, semblent très contrariés de ne pouvoir suivre le fil normal de la visite et tout aussi perplexes quant à savoir qui aurait les clés. Malgré nos protestations, l’un d’eux trouve la solution : défoncer chaîne et serrure pour forcer l’entrée... Tout ça pour nous montrer des momies qui, à mon avis, feraient mieux de reposer en paix ou à tout le moins d’être convenablement présentées dans un musée. Décidément le tourisme à la bolivienne n’est pas encore au point, dommage que ce pays ne sache pas mieux gérer ses formidables ressources. Nous en avons encore la preuve un peu plus loin : nos guides improvisés se perdent et nous font emprunter le mauvais sentier, heureusement que nous n’allons pas bien loin et que cette promenade ne présente pas de danger. Nous repensons à Morgan et Virginie coincés au milieu du désert du Lipez pendant une tempête de neige de la faute de ces mêmes guides boliviens et ne regrettons pas d’avoir réduit notre excursion à deux journées. Mais ces petits tracas d’organisation ne sont finalement pas bien graves au vu du magnifique spectacle qui s’offre à nous. Le souffle court à cause de la montée (à près de 4000 mètres, la moindre ascension nous paraît épuisante), nous contemplons le salar vu d’en haut et ce sel qui semble venir lécher les avancées de terre entourant le volcan.

Nous aurions bien continué la promenade un peu plus loin mais il est déjà l’heure de repartir et de rejoindre la foule des touristes à l’Isla Inka Huasi, étape obligée de l’excursion classique de 4 jours dans le Salar. Encore une fois, nous nous félicitons d’avoir choisi un programme différent puisque nous arrivons à l’heure où les autres touristes redescendent pour rejoindre leurs 4x4 respectifs, alignés en une file d’une quarantaine de véhicules garés au pied de l’île. Nous profitons en toute quiétude de cet endroit étonnant : au milieu des immenses étendues de sel déroulant leur monotonie blanche jusqu’à l’horizon se dresse un petit îlot rocheux où poussent d’improbables cactus. Encore plus étrange, alors que nous grimpons au modeste sommet de cette île, nous découvrons que les rochers qui nous entourent ressemblent à du corail. Cette fois l’impression d’être sur une vraie île au milieu de la mer est renforcée. Quelques nuages aux formes pyramidales nous offrent une vision encore autre de cet étonnant salar. Au loin, un bus passe tranquillement, nous rappelant que des gens vivent de part et d’autre de ces étendues hostiles.

Notre chauffeur semble inquiet à l’idée de rallier tout seul Uyuni, nos compagnons continuant le voyage pour deux journées de plus, et nous presse de reprendre la route. Nous traversons une dernière fois le désert blanc, refaisons un petit coucou à l’hôtel de sel où nous avons déjeuné hier et nous voici déjà de retour à Uyuni. Nous sommes enchantés par ce que nous avons vu mais aussi soulagés de revenir à des conditions de vie plus confortables ce soir, une seconde nuit blanche dans le froid serait difficile à supporter. Pour notre dernière nuit ici, peu importe le budget, ce sera un hôtel avec chauffage et douche chaude. Nous trouvons notre bonheur dans un des rares hôtels chics de la ville où une grande chambre confortable nous accueille avec, ô miracle, un radiateur qui fonctionne. Nous partons dîner tôt et achevons de reconstituer nos forces autour d’une bonne pizza. Demain nous redescendons vers Tupiza et nous sommes malgré tout soulagés de quitter ces hauteurs froides et désolées.

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