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D’ascenseur en ascenseur

Mardi 10 Avril, Valparaiso

mardi 10 avril 2007, par Laure


Nous refaisons avec plaisir la promenade d’avant hier avec cette fois pour objectif la visite de la maison de Pablo Neruda que nous n’avions pas eu le temps de voir la derniere fois. Je ne suis toujours pas vraiment convaincue a l’idee de visiter une maison juste parce qu’elle fut habitee par un homme celebre mais puisque tout le monde nous dit que c’est un endroit a ne pas manquer, autant y aller voir par nous meme. De l’exterieur, la maison ne paie pas vraiment de mine, sorte d’empilage de cubes colores donnant sur un petit jardin. Mais une fois a l’interieur, tout change et nous penetrons dans le monde loufoque, plein de surprises et de sens caches du poete. Mes a prioris sur cette visite disparaissent au fur et a mesure que nous visitons les differentes pieces, chacune decoree et meublee de maniere totalement originale, refletant ainsi les lubies et les gouts de son proprietaire. Chacune contient toutes sortes d’objets etranges, verres de couleur (d’apres l’ecrivain, l’eau y a un meilleur gout quand on la boit), vache en ceramique servant de pichet a cocktail, bar decore d’une collection heteroclite de vieux objets et plaques emaillees... Baptisee La Sebastiana, du nom de l’architecte Sebastian qui la construisit, la maison fut choisie par Neruda pour sa vue superbe sur l’ocean, censement la meilleure de toute la ville. Plus nous montons dans les etages, plus nous avons l’impression d’etre dans un bateau, l’impression etant la plus forte dans la piece du dernier etage, le bureau de l’ecrivain, suspendue en plein ciel et dominant l’ocean. Une ancienne carte des Ameriques trone sur un mur et nous avons une pensee pour nos amis Sebastien et Chantal, rencontres en Indonesie, et qui nous avaient demande d’y preter attention sans vouloir nous dire pourquoi. Nous comprenons enfin en regardant de plus pres : la carte est agrementee de descriptions tres serieuses des peuplades indigenes rencontrees dans les differents pays (on y apprend que les Chiliens sont... petits et pas tres beaux !) ainsi que de leur environnement naturel. Le plus drole etant le paragraphe sur les industrieux castors du Canada, methodiques constructeurs de barrages elabores, decrits avec graphique a l’appui nous presentant leur differente population, du castor ingenieur supervisant les travaux ( !) au pauvre castor ouvrier "incommode de la queue pour avoir trop travaille"... ca ne s’invente pas ! Nous ressortons enchantes de cette visite et avec l’envie de mieux connaitre l’oeuvre de Neruda, dont la maison reflete l’humour et l’inventivite.

L’apres midi, nous repartons par les longues rues droites de la ville basse en direction du Musee a Ciel Ouvert, une initiative prise par la ville pour decorer les murs du quartier de fresques realisees par de jeunes artistes. C’est l’occasion d’emprunter un des mythiques ascenseurs de Valparaiso, ces funiculaires a l’allure de jouets qui partent a l’assaut des collines de la ville. Plus que centenaires, ces droles de boiboites sont au moins une dizaine et continuent a offrir leurs services aux passants peu desireux d’user leurs jambes sur les escaliers. La montee est plutot raide et un peu vertigineuse, nous esperons que les venerables engrenages ont ete bien huiles et entretenus. On ne peut pas dire que les fresques du musee nous convainquent vraiment, le resultat etant souvent loin d’etre a la hauteur des magnifiques graffitis realises spontanement un peu partout sur les murs de la ville. La promenade vaut quand meme la peine car elle permet de decouvrir un quartier ancien etage sur les pentes de la colline Florida, avec ses petites maisons branlantes, certaines peintes de couleurs vives, ses escaliers biscornus et ses passages etroits entre deux rues.

Apres avoir bien flane, nous redescendons dans la ville basse et sautons dans un bus jusqu’au bas de la colline suivante. C’est l’occasion d’emprunter l’ascenseur Artilleria, un des plus vieux de la ville, jusqu’a une place offrant un magnifique point de vue. Nous sommes juste au dessus du port qui aligne au premier plan ses longues piles de containers et ses enormes cargos. Devant nous se deroule toute la mythique baie de Valparaiso a la courbe parfaite, avec ses differentes collines parsemees de toutes petites maisons de couleur. Les formes identiques des containers cubiques aux couleurs vives et des maisonnettes pastel finissent par se confondre et nous avons l’impression d’etre dans un tableau pointilliste. Une fois de plus, nous redescendons a pied pour profiter un peu plus longtemps de ce panorama exceptionnel. Decidement, cette ville n’en finit pas de nous seduire et nous decidons de prolonger notre sejour de deux jours, n’en ayant pas epuise tous les charmes.

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