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Trou bleu

Jeudi 8 Fevrier, Valesdir

jeudi 8 février 2007, par Laure


Munis de nos masques et tubas, nous poursuivons notre exploration des eaux bordant la plage. Nous progressons dans des sortes de chenaux traces entre les buissons de coraux et peuples par les petits poissons. Tout autour de nous, les coraux mous aux douces couleurs roses ondulent lentement sous les vagues dans un etrange ballet aquatique. Nous nous frayons un chemin dans ce labyrinthe sous marin et avons tout a coup la surprise de deboucher dans une sorte de piscine beaucoup plus profonde. De forme circulaire, elle fait bien 10 metres de profondeur avec une eau translucide a la belle couleur bleu marine. Nous avons vraiment l’impression d’arriver dans un aquarium ou plutot vu la forme, une sorte de bocal a poissons geants dont les parois seraient en corail au lieu du verre. Toujours est il que le spectacle est impressionnant, avec des poissons partout dont des specimens de grande taille qui ne s’aventurent pas a des profondeurs plus modestes. J’ai l’impression de faire de la plongee sans avoir a m’embarrasser de bouteilles et detendeur, ce qui m’arrange bien. Nous longeons tout le bord du "bocal" histoire de ne pas perdre une miette du spectacle. Je m’inquiete juste un peu du fait de retrouver le bon chemin car l’eau n’est pas assez profonde pour nager au dessus des massifs de coraux et il faudra retrouver le chenal qui nous a menes jusqu’ici. Heureusement nous finissons notre tour sans probleme et regagnons la terre ferme.

Coincidence, alors que nous discutons avec Rob au dejeuner, il nous apprend que la plage recele un "blue hole" (trou bleu) cache ou l’on peut voir de magnifiques poissons. Et bien, nous l’avons trouve ! Nous sommes tellement contents de ce magnifique spectacle que nous reiterons l’experience le soir venu. Nous retrouvons sans probleme notre aquarium privatif et ses habitants mais les choses se corsent a notre retour. La maree est beaucoup plus basse que ce matin et circuler a travers les coraux sans les toucher devient un jeu d’adresse. Contrairement a leurs cousins solides dont le simple contact provoque de mechantes coupures, ces coraux sont peut etre plus inoffensifs mais dans le doute nous preferons ne pas toucher. Tel un labyrinthe grandeur nature (et inonde), le jeu consiste maintenant a emprunter les bons chenaux, ceux qui ne se terminent pas en cul de sac au dessus du corail et qui ont une profondeur suffisante. Je progresse difficillement dans les basses eaux, surtout que le demi tour est difficile dans cet espace restreint, quand je me retrouve coincee dans une impasse. Un plateau de corail recouvert d’a peine 30 cm d’eau me separe d’une zone plus profonde a travers laquelle je pourrai gagner la plage. J’experimente alors un nouveau sport, pas encore habilite aux jeux olympiques, le saut de corail. Ne pouvant passer a la nage, je tente le plongeon, me mettant debout pour me jeter tete la premiere au dessus du corail dans l’eau profonde. Heureusement pour moi je ne fais pas un plat sur le corail (sinon aie le ventre) mais gagne sans encombre les eaux me menant a la plage que je suis bien contente de retrouver.

Depuis hier, nous dinons maintenant en compagnie de Rob et Alix, ce qui nous vaut des soirees bien animees. Rob est un vrai clown, qui parle a une vitesse folle avec un accent australien a couper au couteau. Bizarrement, meme si nous ratons quelques mots de temps en temps, nous arrivons a suivre ses histoires invraisemblables, ce qui est sans doute un excellent entrainement pour notre anglais. Nous rions beaucoup a la description des nombreux petits boulots qu’il a exerce avant d’arriver ici, notamment celui d’amuseur officiel, paye pour mettre de l’ambiance dans une soiree ou dans un lieu. Qu’il s’agisse de jouer les gaffeurs professionnels en renversant des verres ou se cassant la figure dans une soiree chic, ou d’inquieter les gens en les suivant dans la rue tout en faisant mine de rien quand ils se retournent, nous l’imaginons tout a fait dans ce role. Nous avons du mal a croire l’histoire invraisemblable du squelette maintenant confortablement installe dans un fauteuil sur la terrasse de la maison, ce qui fait un choc quand on l’apercoit la premiere fois, achete au Mexique et expedie a grands frais jusqu’en Australie ! Mais en plus d’etre un comique hors pair, Rob nous impressionne par ce que lui et Alix ont realise sur leur petit bout de terrain en une quinzaine d’annees. Partant de l’utopie communement partagee d’aller vivre sur une ile deserte, ils ont reussi a construire le petit paradis qu’est Epi Guesthouse aujourd’hui. C’est quand meme une belle reussite puisqu’ils arrivent a etre quasiment auto-suffisants, en utilisant intelligemment les ressources disponibles autour d’eux. Rob n’arrete jamais et va d’une idee a l’autre, que ce soit le "robasco", mixture maison destinee a remplacer le Tabasco importe a base d’un melange piments du jardin / vinaigre, la plantation de tabac pour faire ses propres cigarettes, la construction d’une brasserie pour la biere (que le fabricant national l’a malheureusement contraint a fermer) ou les tentatives d’acclimatation de plantes et arbres en tous genres. Nous partageons leur reve devenu realite et apprecions d’autant plus cet hotel pas comme les autres que nous avons eu la chance de decouvrir.

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