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Partira, partira pas ?

Lundi 12 Fevrier, Nikaura

lundi 12 février 2007, par Laure


Nous nous sommes enfin decides a partir (ce fut dur) et avons demande a Alix de nous trouver un camion pour nous emmener a 9h. C’est le seul moyen de transport pour parcourir les 30 kilometres de piste qui nous separent de Nikaura, petit village de la cote nord est ou nous comptons dormir ce soir. Nous nous levons tot pour ranger le fouillis que nous avons eparpille un peu partout dans la chambre apres ce long sejour et refaire des sacs a dos dignes de ce nom. Quand nous allons petit dejeuner, Alix semble ennuyee car malgre ses efforts elle ne parvient pas a nous trouver un chauffeur. Ceux qu’elle a contacte au village sont deja occupes ou ne veulent pas faire le trajet, la voici obligee de partir a pied a Valesdir pour essayer de nous trouver un vehicule. Elle revient un peu plus tard avec l’explication : les fortes pluies de ces deux derniers jours ont apparemment coupe la piste en deux endroits et personne ne veut se risquer a essayer de la franchir quand meme. Nous voici coinces ici jusqu’a nouvel ordre. La seule autre solution est de se faire conduire jusqu’a l’endroit ou la piste est coupee, puis traverser a pied la riviere qui barre le passage en esperant trouver de l’autre cote un vehicule ou un bateau pour le reste du trajet. Nous nous voyons assez mal tenter une traversee de riviere sacs au dos et/ou attendre un hypothetique camion en pleine jungle et jouons donc la securite : nous restons ici jusqu’a demain et verrons alors si la situation s’ameliore.

Nous deballons a nouveau les sacs bien emballes, ca nous apprendra a etre prevoyants, et en profitons meme pour faire une lessive a la main. Afin de ne pas passer toute la journee ici a ne rien faire apres la mise a mal de nos projets, nous partons pour une promenade jusqu’au village de Sara. En route, nous croisons un des volontaires australiens puis des habitants du village en camion qui tous semblent etre au courant de notre voyage manque, nous interpelant pour nous demander comment nous allons faire. Nous nous amusons de la rapidite a laquelle vont les nouvelles ici, nous voici maintenant connus dans toute l’ile. Nous croisons a nouveau le ni-vanuatu rencontre ici il y a quelques jours, Joshua, qui en profite pour discuter un peu plus avec nous (bien sur lui aussi sait que nous devions partir aujourd’hui). Il nous fait gouter de delicieux fruits locaux, sortes de grosses chataignes en plus sucre, cuites et ouvertes d’un coup de machette sans laquelle aucun ni-vanuatu digne de ce nom ne peut survivre. Nous nous regalons et, heureux de voir que nous apprecions, il nous propose de nous montrer les tortues marines qu’il a recueillies (ou capturees ?) et garde en captivite dans un aquarium naturel entre les rochers sur la plage. Nous admirons les 3 bestioles qu’il attire en leur jetant un crabe capture quelques secondes avant et coupe en deux d’un coup de machette. Il insiste meme pour que je prenne dans les mains une des tortues pour la photo, ce qu’elle n’a pas l’air d’apprecier vraiment. Nous retournons avec lui jusqu’a sa maison, bien contents de discuter un peu avec un des villageois, et alors que nous devons partir il insiste pour nous offrir un stock d’oranges et de "chataignes" deja cuites pour son dejeuner. Nous sommes touches par la gentillesse et l’hospitalite des gens d’ici, tellement contents de partager avec nous leurs tresors.

Alors que nous dejeunons, Alix nous informe d’un plan de derniere minute : le bouche a oreille a bien fonctionne et un camion, ayant appris que nous voulions partir, se propose de nous emmener a destination. Parti ce matin de Lamen Bay, le village du nord avant Nikaura, il a apparemment fait sans probleme la route jusqu’ici avec ses passagers et peut nous prendre a son bord pour le retour avec un depart... dans un quart d’heure ! Nous hesitons puis saisissons cette chance peut etre inesperee d’arriver a destination. Nous avalons le reste de notre repas en catastrophe, jetons en vrac dans nos sacs ce que nous avions ressorti quelques heures plus tot et fourrons notre lessive trempee dans un sac avant de sauter dans la benne du pick up qui nous attend deja.

Nous voici partis pour un long trajet jusqu’a Lamen Bay puis Nikaura. Long, non pas car la route est mauvaise, juste bien cahoteuse avec des passages hors piste dans les champs la ou la riviere a deborde, mais surtout a cause des multiples arrets au gre des besoins des passagers. Une heure pour pique niquer dans un petit village a mi chemin, puis une autre heure d’arret a Lamen Bay le temps que le volontaire americain que nous transportons vaque a ses affaires, a savoir acheter des oeufs a l’epicerie fermee dont il faut retrouver et attendre le proprietaire puis tester et charger dans le pick up un moteur et ses accessoires. Le tout donne lieu a de multiples allers retours dans le village puis a des palabres autour du moteur en question, ce qui attire la moitie des villageois. Nous nous inquietons un peu car le soir tombe et nous n’avons pas prevenu de notre arrivee a Nikaura, faute de telephone la bas.

Heureusement, comme souvent au Vanuatu, tout est finalement tres simple. La guest house ou nous comptons loger est tenue par les gens du village de Nikaura et notre chauffeur connait les deux femmes qui s’en occupent. Il les repere dans une des cours du village, les hele de la route en leur expliquant qu’elles ont des clients et les voici montees a notre bord, abandonnant leurs occupations en cours. Nous nous arretons de nouveau dans le village mais cette fois c’est pour la bonne cause : les deux femmes courent partout pour reunir draps et serviettes a notre intention, necessaire de cuisine et provisions pour notre repas du soir. Pendant ce temps, nous visitons le magnifique nakamal de bois tout neuf construit dans le village avec un vieux monsieur adorable tout content de rencontrer des occidentaux. Nous repartons avec notre camion charge de tout le necessaire jusqu’a la gueshouse situee en dehors du village, dans un champ borde par des palmiers et l’ocean. Nos hotesses nous font signe d’attendre dans la petite hutte servant d’abri de jardin et nous les voyons s’agiter pour faire le menage en grand (et soigneusement s’il vous plait) puis amenager notre chambre. Une demi heure plus tard, alors que la nuit est tombee, nous nous installons enfin dans notre petite hutte de bambou. Le confort est tres simple mais l’endroit est adorable avec son plancher couvert de nattes, un lit et sa moustiquaire et surtout le calme de ce lieu isole. Nous sommes desoles de notre arrivee tardive car nous voyons de notre chambre nos deux dames s’activer en cuisine a la lueur d’un feu vite allume (pas d’electricite ici). Alors que l’on se couche tres tot au Vanuatu, suivant le rythme du soleil, les pauvres sont obligees de s’activer pour nous nourrir ce soir alors qu’il est deja tard. C’est un veritable banquet qu’elles nous ont prepare et nous faisons honneur a la cuisine locale plutot deconcertante pour nous : nouilles au poisson, riz, ignames (nous supposons) au lait de coco au gout sucre et bananes. Nos gentilles logeuses peuvent enfin rentrer chez elles et nous laissent seuls dans notre petite hutte du bout du monde, loins de tout.

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