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Chien, vaches et dauphins

Mercredi 7 Fevrier, Valesdir

mercredi 7 février 2007, par Laure


Ce matin, nous partons experimenter d’autres eaux en nous rendant a la plage de la guesthouse, distante de quelques centaines de metres de la maison. Nous avons l’immense etendue de sable pour nous tous seuls avec en bonus un abri anti soleil et des transats. Bundy, le chien de la maison dont le nom se prononce a l’australienne "Bandit", ce qui a notre avis lui va bien, nous a adoptes et nous suit dans tous nos deplacements. Nous n’avons pas vraiment determine si c’etait pour nous proteger en tant qu’hotes de la maison ou si elle saisissait ces occasions de promenades supplementaires. Toujours est-il qu’alors que je barbote tranquillement dans l’eau a quelques metres du rivage, j’entends soudainement un drole de haletement a cote de moi. Je m’inquiete un peu de ce bruit incongru et sort la tete de l’eau pour decouvrir... Bundy qui nage tranquillement a mes cotes, n’ayant plus pieds (ou pattes) depuis longtemps. Apparemment elle s’ennuyait sans nous sur la plage et a decide de nous tenir compagnie de plus pres.

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Bundy guette l’avion ramenant son maitre

Nous rentrons a la maison pour le dejeuner qui, pour changer, a lieu sous la pluie battante. Decidement le climat est bien regle ici ! Cela ne nous derange pas plus que ca car la terrasse est bien agreable pour regarder l’averse et la pluie nous fournit un excellent pretexte pour bouquiner a l’abri et profiter de la bibliotheque. Nous guettons l’avion qui passe juste au dessus de la maison, ramenant Rob, le mari d’Alix. C’est amusant de voir ce tout petit coucou a helice surgir de nulle part au dessus de l’ocean dans un vrombissement pour aller se poser juste un peu plus loin. Nous ne nous ennuyons pas sur notre terrasse puisque quelques minutes plus tard il nous semble reperer une agitation inhabituelle dans l’eau calme de la crique. Nous guettons de loin pour essayer de distinguer quelque chose et avons la surprise de voir distinctement des dauphins jouant dans l’ocean et effectuant quelques sauts perilleux pour notre plus grand plaisir. Nous appelons vite Alix et Rob pour leur montrer cette presence inhabituelle mais ils nous expliquent que ces dauphins viennent regulierement dans la baie, particulierement quand la mer est calme et le temps pluvieux comme aujourd’hui. Decidement cette maison au milieu de nulle part a bien du charme, tellement d’ailleurs que je suis desesperee a l’idee de devoir deja partir apres demain comme prevu. Nous reflechissons a comment faire pour rester plus longtemps mais nous heurtons a deux obstacles : nos billets d’avion que nous ne sommes pas surs de pouvoir modifier et surtout notre reserve d’argent liquide en vatus, calculee pour un sejour de 8 nuits et pas une de plus, bien sur pas la peine d’esperer trouver une banque ici ! Nous echafaudons des plans compliques pour essayer de payer une partie de notre sejour avec les dollars australiens qu’il nous reste de Sydney et decidons que le plus simple est encore de demander son avis a Alix. Celle-ci nous sauve en proposant d’appeler la compagnie pour modifier nos billets d’avion, ce qui d’apres elle ne devrait poser aucun probleme, et en nous offrant la possibilite de payer une partie du sejour par carte bancaire. Cinq minutes plus tard, nous sommes les heureux passagers d’un vol retour pour Vila decale au 17 fevrier (dans 10 jours !) et je me rejouis deja de pouvoir profiter encore quelques jours de ce merveilleux endroit avant d’aller decouvrir les autres villages de Epi.

En fin d’apres midi, nous partons pour une petite promenade, esperant aller jusqu’a la plantation de cocotiers de Valesdir, a environ une demi heure de marche. Notre fidele chien australien nous precede sur la piste rendue encore plus boueuse que d’habitude par les dernieres pluies. Bundy appartient a une race de chiens charges de garder les troupeaux de vaches dans les immensites de l’Outback australien et a apparemment ete dressee en consequence, a moins que ce ne soit l’heredite. Toujours est-il que des que nous parvenons en vue du troupeau de vaches qui jusqu’ici paissait tranquillement sous les cocotiers, elle file telle une fusee et entreprend de nous faire une demonstration de ses talents. A coup de poursuites furieuses, d’aboiements, voire meme de tentatives de morsure des jarrets pour les recalcitrantes, elle decide de conduire le troupeau vers une destination inconnue, vraisemblablement le cote oppose du champ. Les vaches protestent avec des meuglements furieux, n’appreciant pas d’etre ainsi derangees, mais finissent par obtemperer dans un grand brouhaha de sabots et de course effrenee. Nous traversons donc tranquillement le debut du champ mais retrouvons un peu plus loin le troupeau en pleine effervescence rassemble au milieu de la piste et semble t’il peu dispose a nous ceder le passage. Leurs beuglements resonnent de maniere sinistre dans le silence environnant et la vision de dizaines de vaches pas bien contentes dans la lumiere grise de fin d’apres midi pluvieux n’est pas totalement rassurante. J’essaye de convaincre Thibaut qu’une vache n’a jamais fait de mal a personne et que nous pouvons traverser sans danger quand il me fait judicieusement remarquer que certaines d’entre elles ont des attributs qui ne sont pas tres feminins. Oups, voici qui change la donne, mes bonnes vaches placides seraient en fait melangees a des taureaux et je me sens tout de suite moins temeraire. Nous jugeons plus sage de faire demi tour, remettant la promenade a un autre jour !

La derniere surprise de la journee aura lieu le soir, decidement on ne s’ennuie pas au Vanuatu, il y a toujours quelque chose d’amusant pour nous distraire. Alors que nous dinons avec Rob et Alix, nous apercevons des lumieres au loin sur l’eau. Nous sommes surpris de voir ce qui ressemble a un cargo croiser si pres des cotes le long de cette ile isolee mais Rob nous explique qu’il s’agit du cargo hebdomadaire en provenance de Port Vila qui vient leur livrer leur commande de provisions et epicerie. Nous croyons a une blague, ne pensant pas une seconde qu’un navire de fret s’arreterait ainsi en pleine nuit au large d’une plage isolee pour livrer un seul et unique client mais non, c’est bien vrai. Rob part precipitemment sous la pluie tenace accueillir les marins venus jusqu’a la plage en barque depuis le cargo ancre au loin et ils entreprennent de decharger les cartons de provisions. Le cargo plutot rudimentaire n’a apparemment pas de douche et l’escale a la guesthouse est particulierement appreciee des matelots car Rob leur permet d’utiliser la douche construite dans le jardin. Nous voici donc livres a domicile et qui plus est presque en pleine nuit mais nous n’allons pas nous plaindre, voici les provisions renouvelees pour la semaine.

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