accueil

on est partis


Accueil du site > Carnets de voyage > Nouvelle Calédonie > Le Sud Sauvage s’est bien developpe

Le Sud Sauvage s’est bien developpe

Dimanche 25 Fevrier, Noumea

dimanche 25 février 2007, par Laure


Ce n’etait finalement peut etre pas une bonne idee d’avoir profite de la journee d’hier pour le repos, nous nous reveillons ce matin sous un ciel bien gris. Tant pis, c’est notre dernier jour en Nouvelle Caledonie et nous partons quand meme en direction du sud comme prevu. Arrives en vue des montagnes de la pointe sud, on ne peut pas dire que le temps s’arrange et c’est sous une pluie battante que nous grimpons en direction du parc de la Riviere Bleue. Nous hesitons a visiter a nouveau ce parc qui nous avait enchantes mais, vue la meteo, ce n’est pas vraiment le bon jour pour ca et nous preferons continuer notre route, esperant trouver le soleil plus loin. Nous marquons quand meme une pause au bord du lac de Yate, admirant le contraste de couleur entre l’eau bleue (voire grise en l’absence de soleil) et la terre rouge vif. Sur les bords du lac, l’eau prend une drole de teinte orangee la ou elle se melange avec la terre. Depuis le col, ce lac de barrage est encore plus impressionnant avec ses meandres epousant le relief et la foret inondee dont les troncs et les branches desoles se dressent au dessus de l’eau. Le mauvais temps ajoute encore au cote inquietant du paysage.

Nous retrouvons un peu de soleil en atteignant la cote est apres la minuscule ville de Yate. Nous nous arretons pour admirer une drole de petite eglise, ressemblant a un chamallow geant avec ses couleurs pastels rose et creme. C’etait l’eglise d’une ancienne mission dont les batiments, certains abritant apparemment une ecole, se dressent encore dans ce coin perdu le long de la plage. Nous pique niquons dans ce qui semble etre le spot prefere des habitants de Noumea pour le week end, les cascades de Wadiana. Plusieurs familles au grand complet se pressent le long des bassins naturels formes par les cascades, profitant de la baignade. Nous ne trouvons pas l’endroit si enchanteur mais peut etre est-ce l’effet secondaire d’avoir une plage a sa porte en pleine ville, on reve alors d’un bain en eau douce ? Nous continuons notre boucle par la jolie plage de Port Boise puis longeons l’impressionnante usine en construction de Goro Nickel. Dans ce sud desole au milieu de nulle part, la vision de ce complexe de traitement du nickel flambant neuf detonne vraiment. Ce projet a suscite beaucoup de controverses en Nouvelle Caledonie puisque certes il cree des emplois sur une ile qui en a bien besoin mais il risque aussi de polluer une des plus belles baies, voire meme l’espace si fragile du lagon tout entier si les rejets dans l’ocean sont mal controles. Bien sur les responsables de l’entreprise jurent que l’usine sera totalement propre mais il est difficile de les croire a 100%. Si on en croit les inscriptions en bord de route, les quelques manifestants croises et les gardes controlant l’acces au site, il semble que la contestation soit toujours vive. Je ne connais pas assez le projet pour pouvoir juger mais il est sur que cet immense complexe industriel et les camions, routes et lignes electriques qui vont avec defigurent deja une partie du paysage si sauvage du sud caledonien.

Nous arrivons a notre derniere etape, la Baie de la Somme et les ruines du village de Prony. Des dizaines de forcats furent employes ici pour couper et transporter du bois jusqu’aux bateaux attendant dans la baie. Grace a la volonte d’une poignee de benevoles, les vieux batiments partiellement ruines de leur village ont pu etre preserves et restaures. Ces maisons se dressant au bord de la foret, envahies par la vegetation, sont plutot touchantes. Un immense banyan s’est plu a coloniser les pans de murs, exposant l’enchevetrement de ses racines sur les vieilles pierres. Thibaut joue au prisonnier derriere les barreaux d’une ancienne fenetre et nous apprecions cette incursion dans le passe de la Nouvelle Caledonie. Alors que je m’apprete a affronter les lacets de la piste de terre retournant a Noumea, une surprise m’attend : la route dont je me souvenais depuis notre precedent voyage a maintenant ete goudronnee. Me voici bien decue, cette promenade n’a plus le meme charme ni le gout de l’aventure et les paysages en paraissent moins beaux. Decidement le progres est partout et les coins de nature sauvage se font de plus en plus rares. Au moins, nous voici vite rentres a Noumea ou le rangement de nos sacs nous attend. Notre trop bref sejour en Nouvelle Caledonie est deja fini, nous repartons demain pour Sydney.

Jour précédent : Pas envie de bouger Sommaire : Nouvelle Calédonie

Suivre la vie du site RSS 2.0 | Plan du site | Espace privé | SPIP