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La nonchalance du Sud Laos

Mardi 9 Janvier, Champassak

mardi 9 janvier 2007, par Laure


Alors que le temps etait plutot maussade depuis quelques jours, nous nous reveillons sous un ciel bleu eclatant avec pas un nuage a l’horizon. Nous avons encore moins envie de partir, le charme de ces droles d’iles perdues entre ciel et eau nous a conquis et nous sommes tristes de deja les quitter. Nous profitons de notre dernier petit dejeuner sur le restaurant flottant de l’hotel et de quelques instants de repos dans notre si jolie chambre avant l’arrivee du bateau taxi qui doit nous emmener a Don Det. Nous profitons de cette courte croisiere sur le fleuve entre les deux iles, avec une vue superbe sur les berges et les barques des habitants que nous croisons. Arrives a Don Det, une idee folle nous prend : et si nous restions la un jour de plus en prenant une chambre dans une des guesthouses de l’ile ? Decidement, nous n’avons pas envie de quitter tout de suite ce coin de Mekong mais le planning se rappelle a nous. Dans deux semaines, nous quittons l’Asie et si nous voulons voir un peu de Thailande avant le depart nous ferions mieux de nous depecher ! Allons, pour cette fois, nous serons raisonnables et partirons aujourd’hui comme prevu.

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"Ferry" a mobylettes

Le trajet jusqu’a Champassak, notre prochaine etape, n’est pas des plus simples meme si nous avons reserve le meme minibus qu’a l’aller. Une fois arrives a Don Det, il nous faut prendre un second bateau jusqu’au continent ou le minibus nous attend sur la plage. Ce dernier, qui se rend a Pakse, doit nous deposer en route sur la rive du Mekong juste en face de Champassak ou nous trouverons si tout va bien une embarcation pour traverser et un moyen de transport jusqu’au village. Le fleuve est tellement large a cet endroit que les ponts sont encore rares, obligeant a des trajets souvent tortueux. Le minibus est toujours aussi pratique et rapide (miracle, enfin un transport qui se passe bien !) et nous depose comme prevu au bout d’une piste en terre menant au Mekong. Il ne nous reste plus qu’a esperer qu’il s’agit bien du bon endroit mais l’activite qui regne au bord de l’eau nous rassure. Nous ne manquerons pas d’embarcation puisque nous pouvons au choix affreter une barque de peche qui nous deposera directement a Champassak (un peu cher) ou emprunter un des deux "ferrys" locaux.

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... et ferry pour voitures !

Le terme "ferry" me semble plus qu’usurpe puisque les etranges machins flottants qui font traverser le fleuve aux vehicules refletent l’ingeniosite locale plus que les normes de la construction navale. Les proprietaires de mobylettes embarquent debout avec leur engin sur une sorte de petit radeau carre a moteur contenant environ 10 personnes. Les autres vehicules, voitures, songthaew et meme gros camions s’entassent sur un drole d’assemblage compose de 3 longues barques alignees sur lesquelles on a pose une plateforme metallique munie d’une rampe d’acces pour y faire monter les voitures. Heureusement l’autre rive du fleuve n’est pas loin et l’eau idealement plate car ce bricolage ne semble pas des plus solides. Le plus drole est le poste de conduite, amenage sur un cote entre deux des coques et compose d’une chaise en plastique posee devant le gouvernail et agrementee de pots de fleurs pour la decoration. Nous patientons le temps que le rafiot soit charge a bloc, apparemment les proprietaires de vehicules sont plus confiants que nous ! Des nuees de petites vendeuses ambulantes ravitaillent les passagers en boissons fraiches, friandises comme le riz sucre cuit dans un bambou et meme soupe de nouilles transportee dans un grand seau et servie a la demande. Fillettes et jeunes femmes ont fiere allure sous leurs grands chapeaux chinois et les rires fusent quand elles se disputent les passagers ou plaisantent avec eux.

Nous arrivons sans encombre sur l’autre rive ou nous sautons dans un tuk tuk qui doit (enfin) nous conduire a Champassak. Nous ne risquons pas de nous perdre dans ce village dont le tour est vite fait. Une unique rue principale est bordee par quelques commerces et restaurants plus les indispensables : la poste (une cahute en bois posee au milieu d’un grand terrain herbeux), la banque (son comptoir en bois et ses employes somnolents) et le marche que nous ne verrons jamais ouvert en deux jours. Un immense rond point demesure par rapport a la taille de la ville divise cette rue en deux parties. Seules quelques mobylettes et de jeunes cyclistes filles ou garcons en uniforme scolaires l’empruntent et lui donnent un peu d’animation. Deux ou trois demeures coloniales laissees en friche et quelques temples donnent un peu de cachet a ce petit bourg typiquement lao. Mais qu’importe, les eaux du Mekong brillent au soleil et la largeur imposante du fleuve donne l’impression d’etre sur la rive d’un lac, les habitants souriants se reposent au frais dans le jardin de notre hotel et la vie semble tranquille et paisible dans ce petit bout de village.
Nous ne trainons pas pour aller diner le soir car a 19h nous sommes deja les seuls passants dans la rue. Nous denichons un petit restaurant ou le proprietaire nous accueille dans un francais excellent, comme plusieurs autres habitants de la ville d’ailleurs. Je m’y regale d’un "foe" delicieux, cette soupe d’origine vietnamienne composee de pates, viande et aromates et legerement epicee. Decidement, on se sent bien au bord du Mekong et la nonchalance laotienne commence a nous gagner.

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