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Qui a sonne la fin du travail ?

Mardi 3 Avril, Hanga Roa

mardi 3 avril 2007, par Laure


Nous avons epuise a peu pres toutes les visites des sites qui se trouvent dans le rayon d’action de nos promenades a pied et decidons qu’il est temps d’elargir notre champ en louant une voiture. Nous avons repere un garage qui fait aussi loueur et choisissons de nous y rendre, au moins on peut supposer que les voitures seront bien entretenues. Les prix ne sont finalement pas si exorbitants et nous nous offrons trois jours de location du plus petit modele disponible, une jolie Jeep de poupee rouge vif. Cela devrait nous permettre de continuer a decouvrir les differents sites tranquillement sans tomber dans le programme "toute l’ile en une journee" qui est le lot des agences de voyage. Nous filons directement vers le site dont j’attends avec le plus d’impatience la visite, le cratere du volcan Rano Raraku qui servait de carriere pour la construction des Moais. J’ai hate de savoir comment ces geants etaient fabriques, d’autant que le paysage est parait il magnifique. Nous roulons cependant lentement car toutes les locations de voiture sur l’ile se font sans aucune assurance, personne ne s’embarrassant de ce detail. Nous preferons ne pas imaginer les consequences en cas de collision et je conduis donc extremement prudemment, ne depassant pas les 50 km/h. De toute maniere, l’ile est toute petite et nous avons deja l’impression de filer a vive allure, nous etant habitues a nous deplacer a la vitesse de nos jambes !

Nous garons notre bolide au pied du volcan et partons a l’assaut de son sommet. Un spectacle etonnant nous attend sur les pentes : tout autour du volcan, des statues de Moais sont fichees en terre, certaines bien droites, d’autres a moitie couchees. Certains Moais sont a moitie enfonces dans le sol et seule leur tete depasse, donnant une impression etrange. Ces gardiens de pierre surveillaient-ils la carriere ou etaient fabriques leurs semblables ? Un peu plus haut, nous decouvrons l’endroit ou les Moais etaient veritablement sculptes dans la pierre. Plusieurs statues en cours de confection ont ete abandonnees avant d’etre terminees, nous voyons ce qui est l’ebauche d’un corps et d’un visage creusee a meme la roche et laissee ainsi depuis des siecles. La aussi, l’impression est tres surprenante, nous pouvons presque imaginer les ouvriers partis faire une pause en laissant leur travail en plan et prets a revenir pour le continuer. Personne ne sait vraiment pourquoi les Pascuans ont arrete la fabrication des statues geantes mais le spectacle de ces Moais a moitie termines laisse perplexe : pourquoi le travail s’est il interrompu si soudainement ? Quelle catastrophe a justifie de laisser ainsi tomber du jour au lendemain la confection de ces statues ? Les Moais a moitie finis du Rano Raraku sont encore plus grands que leurs congeneres eriges sur l’ile, comme si les sculpteurs avaient voulu se surpasser toujours plus, ajoutant au mystere qui plane sur cette civilisation.

Nous laissons la nos interrogations et poursuivons l’ascension jusqu’a atteindre le sommet du cratere. A l’interieur, un lac a envahi la cavite, borde de roseaux et brillant sous le soleil. Des chevaux sauvages se sont refugies sur sa rive, peut etre pour etre tranquilles loin de l’agitation des touristes venus contempler la carriere. Nous descendons vers le fond du cratere et parcourons ses pentes. La aussi, les Moais veillent, le regard tourne vers les differentes directions de l’ile, comme pour monter la garde. D’une breche dans le cratere, nous avons une vue superbe sur la cote nord de l’ile, encore plus desolee que celle qui abrite le village. Des falaises tombent a pic dans l’ocean furieux et les rouleaux rageurs qui s’y brisent creent une sorte de brume mysterieuse. Nous distinguons au loin le long de la cote l’alignement parfait des 15 Moais de l’ahu Tongariki, restaures il y a quelques annees. Leurs minuscules silhouettes alignees sur fond de brume oceanique forment un joli decor. Il est temps de redescendre et de flaner encore un peu parmi les sentinelles de pierre eparpillees sur les flancs du volcan. Les Moais sont si nombreux ici que chaque pas et chaque detour du sentier nous revelent une nouvelle silhouette, c’est reellement impressionnant.

Nous serions curieux de decouvrir tout de suite le reste de l’ile et notamment l’ahu Tongariki, apercu d’en haut, mais decidons d’etre raisonnables et de garder quelques belles surprises pour demain. Nous rentrons donc tranquillement par la route deja empruntee, en profitant pour nous arreter sur quelques sites abritant des Moais en ruines. Seule l’imagination permet de se representer ce que pouvaient etre ces ahus qui ne sont plus aujourd’hui qu’un amas de pierres ecroulees. Neanmoins, nous tombons au hasard des chemins sur ce qui est clairement une tete ou un chignon ou un corps jete a terre et la vue de ces divinites autrefois adorees et maintenant renversees est toujours aussi emouvante. Nous sommes bien contents de pouvoir prendre notre temps pour decouvrir l’ile, ce qui nous permet de voir aussi ces sites juges mineurs et souvent ignores par les circuits classiques. La vue des Moais en ruines complete celle, a priori plus impressionnante, des sites restaures ou les statues sont remises debout. Nous pouvons ainsi nous faire une idee des deux visages de l’ile, avant et apres la desaffection des statues.

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