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Un marché qui ne valait pas tant d’attente

Samedi 23 et Dimanche 24 Juin, Sucre

dimanche 24 juin 2007, par Laure


Nous avons décidé de prolonger un peu notre séjour à Sucre afin de ne pas rater le grand marché qui a lieu tous les dimanches à Tarabuco, petit village voisin, et qui vaut paraît-il le coup d’oeil. En ce samedi, nous sommes un peu désoeuvrés, la ville n’offrant pas tant d’attractions que ça et ses rues commençant à nous paraître bien familières. Nous visitons sans grande conviction une église de plus, cela ressemble décidément trop à ce que nous connaissons chez nous, la profusion d’objets en or volés aux Incas en plus. C’est encore un marché qui sauve notre journée, décidément ces marchés au moins je ne m’en lasse pas. Nous flânons avec plaisir entre les étalages colorés, les impressionnantes piles de pommes de terre en tous genres (si on ne savait pas encore que ce légume si cher aux Français venait d’Amérique du Sud, cette fois on en a la preuve irréfutable), les soupes bouillonnantes des petits étals de restaurant, achetant au passage quelques cacahuètes à grignoter. Le repas du midi est tout aussi typique, au menu chorizo grillé dans un petit snack qui ne paye pas de mine. Les tables sont recouvertes d’une toile cirée douteuse, la serveuse est débordée et peu aimable mais la foule qui se pressait à l’intérieur était de bon augure : c’est tout simplement délicieux. De grignotage de chocolat au soleil dans le patio de l’hôtel, en lecture de quelques bons bouquins, avant de prendre un petit goûter à la pâtisserie du coin, l’après midi passe tranquillement... et de manière gourmande ! La fête de la St Jean apporte un peu d’animation à la ville le soir, une fanfare occupe le coin de notre rue et les pétards retentissent à qui mieux mieux. Les habitants sont tous dehors et les bouteilles vont bon train.

Le dimanche nous montons dans notre minibus à touristes, chargé de nous conduire à Tarabuco puisqu’aucun bus de ligne ne s’y rend. Nous n’apprécions pas trop cette ambiance, si différente de celle des bus que nous prenons d’habitude mais n’avons pas vraiment le choix. Il nous faut aussi subir la désorganisation chronique de l’agence de voyages qui nous emmène, notant scrupuleusement le nom des passagers sur une feuille au départ avant de l’oublier, de la chercher partout une fois arrivés au poste de contrôle et au bout de longs instants de finir par nous demander d’inscrire à nouveau nos noms. Ouf, à presque 11 heures, nous arrivons enfin dans le tout petit village de Tarabuco où se tient le marché tant convoité. Fuyant les groupes de touristes qui se pressent sur la place centrale en quête des souvenirs qui vont remplir leurs sacs, nous filons par des rues plus désertes en profitant de la drôle d’ambiance de ce village du bout du monde. Rues de terre ocre poussiéreuses, habitants en costumes typiques, plaines et collines arides s’étendant autour du village, on se croirait dans un western à la bolivienne.

Nous dénichons le marché aux légumes où viennent s’approvisionner les habitants de la région et nous régalons de cette ambiance plus authentique. Malheureusement, je me fais prendre à partie par un bolivien alors que je tentais de prendre quelques photos générales. Apparemment les photos ne sont pas les bienvenues ici, je lui fais donc signe que je n’en ferais plus quand il se ravise soudain et me réclame de l’argent. Euh, autant je peux comprendre que les habitants ne souhaitent pas être photographiés, autant j’ai du mal à accepter qu’ils changent soudainement d’avis et soient prêts à poser à condition qu’on les rémunère, surtout quand tout ça est demandé de manière si agressive. Bon, tant pis, ce sera donc une journée sans photos, cela ne va pas nous empêcher de profiter du marché. Nous revenons vers les rues centrales et craquons pour un magnifique tapis artisanal dans le style de la région. Le prix nous semble tout à fait justifié pour un travail aussi minutieux mais la dame qui nous le vend semble ne pas en croire sa chance et nous remercie longuement pour notre achat. Tant mieux, nous avons fait une heureuse !

Nous terminons la matinée sur la place centrale, nous étonnant devant l’étrange costume traditionnel de ce village, composé d’une sorte de casque en tissu sans doute emprunté aux conquistadores et qui dénote un peu de nos jours. Les joueurs de baby foot se sont installés dans la rue et disputent des parties endiablées, les papis mamies du village se promènent et contemplent les touristes en train de marchander, bref l’animation bat son plein. Je ne peux malgré tout m’empêcher d’être un peu déçue par ce marché, finalement pas si grand ni spécialement intéressant et surtout, un des rares lieux depuis le début de notre voyage où nous ne nous sommes pas sentis bien accueillis. Peut être est-ce la rançon d’un tourisme trop présent mais pourtant certains endroits du Pérou étaient largement plus envahis par les foules, ce qui n’empêchait pas les habitants d’être accueillants. Cette sorte d’hostilité ou d’indifférence qui nous entoure depuis notre arrivée en Bolivie commence à me peser et m’empêche parfois d’apprécier pleinement les endroits que nous découvrons. J’attendais beaucoup de ce pays et me voici un peu déçue, peut être les prochains jours à Potosi et Uyuni inverseront-ils la tendance...

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