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En visite chez l’Oncle

Mercredi 27 Juin, Potosi

mercredi 27 juin 2007, par Laure


En attendant la visite des mines prévue pour cet après midi, nous occupons notre matinée de manière assez peu originale puisque nous allons voir une fois de plus... des églises. Comme d’habitude elles sont fermées sans autre forme d’explication, mais heureusement pour l’une d’elles le plus beau était le portail monumental sculpté, donc pour une fois nous ne sommes pas venus pour rien. Le soleil est revenu et rend la balade un peu plus agréable qu’hier même si nous persistons à trouver que Potosi n’a pas un charme fou. Nous profitons de notre temps libre pour réserver nos billets de bus, encore une longue journée de route en direction du Salar d’Uyuni.

Nous retrouvons Morgan et Virginie en début d’après midi à l’agence où nous nous sommes inscrits. Les mines de Potosi, encore en exploitation aujourd’hui et "célèbres" si on peut dire pour leurs très dures conditions de travail, sont devenues l’attraction touristique de la ville. Le centre ville regorge d’agences proposant toute leur visite et vantant l’authenticité de cette expérience à coups de prospectus alléchants. Malheureusement si les agences pullulent, aucune ne se différencie des autres en reversant aux mineurs une part suffisante des bénéfices faits avec les touristes. Malgré cette manne tombée du ciel, alors même que les groupes de touristes se succèdent au fond de la mine pour découvrir les conditions de travail, les mineurs ne touchent qu’un pourcentage infime des recettes ainsi générées et quelques cadeaux faits par les touristes. Nous avons hésité à boycotter cette visite, trouvant qu’elle tendait un peu au voyeurisme, et nous sommes finalement laissés convaincre par nos amis, d’autant qu’il est difficile de s’en tenir à des principes sans avoir vu ce dont l’on parle.

Nous marquons une première halte dans un local contenant tout le nécessaire pour nous déguiser en mineurs : pantalon et veste, lampe frontale et casque, nous voilà parés (et un peu ridicules). Direction ensuite les petites boutiques où s’approvisionnent les mineurs et où on nous vend à un prix spécial touristes (ne perdons pas le nord !) quelques cadeaux pour les mineurs. Nous refusons d’acheter cigarettes ou l’alcool à brûler qui sert ici de boisson, et nous en tenons à des cadeaux que nous jugeons moins nocifs, comme des sodas ou des feuilles de coca. Il est maintenant temps de prendre la direction de la mine et nous quittons la ville en direction des pentes du Cerro Rico qui semble nous guetter à l’horizon. Nous voyons alors l’autre aspect de la ville, celui du quartier des mineurs, alignement de baraquements posés dans l’ombre de la montagne. Des milliers de mineurs exploitent encore ces mines, souvent peu rentables et au bord de la faillite, et la vue des camions soulevant la poussière sur les pistes et de l’immense village en contrebas est impressionnante.

Nous sommes accueillis par deux mineurs complètement ivres qui tentent de parlementer avec notre guide pour avoir des cadeaux. Celle-ci nous explique que les mineurs sont fâchés et tristes aujourd’hui car ils ont dépensé une somme importante en dynamite pour creuser de nouvelles galeries dans lesquelles ils n’ont rien trouvé. Nous craignons un moment de devoir rebrousser chemin mais elle réussit à les convaincre de nous laisser passer. Nous pénétrons alors dans la mine, avec un peu d’appréhension pour ma part car je crains de me sentir mal ainsi enfermée sous terre. Après quelques mètres, nous réalisons pleinement qu’il s’agit d’une mine encore exploitée, bien loin des visites pour touristes dans les mines désaffectées et scrupuleusement aménagées d’Europe. Les couloirs sont étroits et glissants, le plafond souvent trop bas nous oblige à nous baisser et nous ne cessons de nous cogner aux parois et de trébucher sur les rochers. Il est difficile d’imaginer que cela représente le quotidien pour des milliers d’hommes, souvent embauchés très jeunes. Nous marquons une pause devant la statue du Tio (oncle), mi-homme mi-diable mythique vénéré par les mineurs qui lui offrent alcool et présents. Notre guide ne manque d’ailleurs pas de verser un petit verre d’alcool devant sa statue.

Nous descendons plus avant dans les entrailles de la mine et je commence à m’inquiéter de notre futur retour puisque nous dévalons par un couloir très en pente nous obligeant à être très attentifs pour ne pas glisser. Comme en plus, je commence à avoir de plus en plus mal au ventre (est-ce psychologique ?), j’ai hâte que la visite se finisse. Encore quelques couloirs, nous avons perdu tout sens de l’orientation et nous demandons comment les mineurs arrivent à accomplir des travaux de force dans un environnement pareil. J’ai déjà hâte de ressortir et pourtant nous ne sommes là que depuis moins d’une heure. Je retrouve avec soulagement la lumière du jour, finalement heureuse de cette expérience. Mon mal de ventre refuse de passer, je suppose que c’est encore un des effets de l’altitude dont je commence à identifier les symptomes. Ce soir, je me contenterai d’un thé pendant que nous dînons une dernière fois avec Morgan et Virginie avant de partir chacun de notre côté pour de nouvelles aventures.

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