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4000 metres plus haut

Dimanche 13 Mai, Putre

dimanche 13 mai 2007, par Laure


Nous avons rendez vous ce matin a 9 heures pour notre depart en tour organise de 3 jours et decouvrons avec plaisir que nous ne serons que tous les deux en compagnie de notre chauffeur guide chilien, Carlos. Nous qui n’aimons pas les groupes importants et leurs contraintes, nous voila contents, a part que maintenant il va falloir assurer pour comprendre les explications du guide et faire la conversation en espagnol. Nous prenons la route en direction de la valle de Azapa, une etonnante oasis au milieu du desert. Sitot quittes les faubourgs de la ville, nous ne voyons que du sable au loin, des dunes, des falaises de terre seche, puis d’un coup le sable laisse place aux cultures grace a une riviere miraculeuse. Cette region est le verger du Chili puisque le climat chaud et sec permet de cultiver en quantite de nombreuses plantes. A perte de vue ce ne sont que serres et cultures de tomates, oignons, avocats, fruits et autres champs d’oliviers. Un musee nous permet d’en savoir plus sur la region, deja habitee il y a plusieurs siecles (et bien avant l’empire inca) par des civilisations tres evoluees pour leur epoque, qui prosperaient grace aux cultures et a la peche et commercaient avec les peuples de l’altiplano grace aux caravanes de lamas voyageant entre les montagnes et la mer. Nous croisons justement un des anciens "panneaux de signalisation" de l’epoque. D’immenses geoglyphes, dessins gigantesques traces a meme la montagne, montrent des figures humaines, des lamas et d’autres symboles plus complexes. Ces dessins existaient sans doute tout le long de l’itineraire suivi par les caravanes descendues des hauts plateaux, leur permettant ainsi de se reperer en route et de savoir ou etaient situes les villages. Nous sommes tres impressionnes par ces symboles emergeant du passe et si bien preserves.

Nous continuons notre grimpette jusqu’a un col permettant de passer dans la vallee voisine. Vu d’en haut, le paysage est encore plus impressionnant : le desert s’etend a perte de vue et seule une tranchee vert sombre, la vallee irriguee que nous venons de quitter, contraste avec les ocres et les bruns environnants. Nous faisons halte dans un petit village a la jolie eglise de pierre et au cimetiere surrealiste ou les tombes, surmontees de simples croix en metal ou en bois, sont creusees en plein desert. Cette fois, il est temps d’attaquer les choses serieuses et la montee vers les hauts plateaux. Partis du niveau de la mer, nous devons dormir ce soir a pres de 3600 metres, reste juste a esperer que notre sejour a moyenne altitude a San Pedro de Atacama nous aura suffisamment acclimates pour que nous ne sentions pas trop les effets du mal de l’altitude. Le desert n’en finit plus et les lacets de la nationale qui relie le Chili a la Bolivie toute proche non plus. Nous croisons des quantites de camions plutot delabres qui assurent un trafic incessant de marchandises entre les deux pays et notre chauffeur prefere se ranger prudemment pour les laisser passer, vu leur style de conduite plutot aventureux et leur mauvais etat general.

Nos surprises ne s’arretent pas la puisque nous faisons maintenant connaissance avec les magnifiques cactus candelabres, ces immenses cactus a plusieurs branches dignes des plus beaux westerns. De caractere plutot difficile, ils ne poussent qu’a l’altitude qui leur convient, ce qui explique que nous ne les ayons pas vus jusqu’ici et que nous les quitterons bientot pour continuer notre ascension. Notre guide nous offre une seance frissons en coupant le moteur de la voiture qu’il arrete en bord de route... avant que celle-ci ne se mette a rouler toute seule en marche arriere (et non, je vous assure, ce n’etait pas la pente) !!! Cette region decidement fort etrange recele apparemment une mysterieuse zone magnetique perturbant le comportement des moteurs et autres engins electriques. Heureusement, cela n’a pas perturbe nos estomacs et nous profitons de notre halte dans un petit restaurant routier de bord de route. Nos voisins de table sont les camionneurs chiliens ou boliviens en transit et nous sommes servis a la bonne franquette sur des tables couvertes de toiles cirees ou nous goutons les delicieux plats du jour.

Nous avons maintenant passe la barre des 3500 metres et le desert a cede la place au paysage de l’altiplano, montagnes pelees a la rare vegetation. Pourtant des gens habitent encore ici et nous sommes charmes par le minuscule village de Socorama aux allees bordees de fleurs et d’arbustes qui survivent malgre l’altitude et aux ruelles etroites pour se proteger des rigueurs du climat. L’eglise est elle aussi magnifique avec son architecture typique de l’altiplano chilien, grosses pierres, clocher eleve et portique donnant acces a l’entree. Le village est tres anime en ce dimanche car les nombreux jeunes partis etudier ou travailler a la ville 3500 metres plus bas sont de retour dans leur famille pour le week end, d’autant plus que c’est la Fete des Meres, un evenement marquant dans ce Chili catholique et conservateur. Pour nous remettre de nos emotions, Carlos nous offre une derniere surprise avec une baignade inedite dans des thermes d’eau chaude alimentees par une des nombreuses sources volcaniques, a 4100 metres d’altitude. Il nous faut un peu de courage pour nous mettre en maillot de bain, malgre le ciel bleu et le beau soleil ambiant les temperatures sont plutot fraiches. Mais une fois dans les bassins brulants, dont l’un est delicieusement parfume par des feuilles d’eucalyptus jetees dans l’eau, c’est un moment de pur bonheur. Nous trouvons meme le courage de nous rendre jusqu’au bassin exterieur, sympathique piscine avec vue sur les montagnes environnantes et les volcans aux neiges eternelles. Il faut juste se rappeler de ne pas courir ni nager trop vite, entre l’eau chaude et l’altitude le coeur a vite fait de s’affoler. Nous sortons de la completement delasses et avons hate de nous poser dans une chambre d’hotel apres cette journee plus que bien remplie, d’autant que d’autres decouvertes prometteuses nous attendent demain.

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