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En train à travers l’altiplano

Lundi 4 Juin, Puno

lundi 4 juin 2007, par Laure


La journée commence mal puisque le petit déjeuner qui aurait dû nous attendre à 7 heures est loin d’être prêt quand nous arrivons. La propriétaire nous avait pourtant assuré que cela ne poserait pas de problème et nous avions donc choisi de nous lever plus tôt pour ne pas partir le ventre vide. Et en fait de petit déjeuner, nous ne trouvons qu’un pauvre employé péruvien paniqué par notre intrusion si matinale qui envoie sa collègue à la boulangerie chercher le pain et continue à disposer plats et couverts comme si de rien n’était. C’est donc un peu fâchés et à peine nourris par une tranche de pain avalée à la va-vite que nous partons pour la gare routière où notre train ne nous attendra pas. Heureusement, la vue de ce joli train bleu vif aux couleurs de Perurail et l’attribution de sièges confortables malgré le choix de la classe "backpackers" (routard) nous réconforte bien vite. Quel bonheur de pouvoir pour une fois faire un long trajet dans un train confortable, avec de l’espace, de grandes fenêtres pour profiter de la vue et la possibilité de bouquiner tranquille ! Nous décidons d’en profiter et faisons même des folies en commandant un menu complet pour ce midi à la charmante hôtesse qui nous tend la carte du wagon restaurant.

A 8 heures tapantes, le train s’ébranle et nous traversons les faubourgs de Cuzco, jetant un dernier regard sur cette ville qui nous a tant charmés. Le train commence à grimper et parcourt des paysages de plus en plus campagnards, atteignant bientôt l’altiplano. J’ai lâché le livre dans lequel je m’étais plongée avec plaisir pour profiter des magnifiques paysages. Nous retrouvons la campagne péruvienne que nous avions déjà appréciée au canyon de Colca : femmes en costumes colorés, paysans travaillant les champs, ânes et vaches paissant librement et surtout de très beaux contrastes de couleurs entre les verts et ocres de la terre, les montagnes enneigées et le ciel d’un bleu parfait. Nous serions enchantés si ce n’était un nouveau petit souci de santé qui vient gâcher mon plaisir. Depuis quelques jours, une drôle de petite tâche noire joue à se balader devant mon oeil gauche, m’agaçant au plus haut point, d’autant que je me demande ce qui m’arrive encore. L’intruse ne veut pas disparaître et, dans la lumière aveuglante des hautes altitudes, devient même de plus en plus présente. Le point noir se baladant sur la page m’empêche de profiter de mon livre et je commence à me dire que je ferais mieux de trouver un ophtalmologiste au plus vite pour savoir ce qui m’arrive.

Nous marquons une petite halte dans la jolie gare de La Raya à la bagatelle de 4300 mètres d’altitude. Nous devons être maintenant bien acclimatés puisque nous ne souffrons pas trop d’essouflement et je profite de cette pause pour faire quelques photos de notre train rutilant sur fond de sommets à la blancheur éclatante. Un petit marché attend bien sûr les touristes aisés de la première classe mais nous commençons à saturer de voir toujours ces mêmes articles artisanaux dupliqués à l’infini et je ne cherche même plus un joli pull en lama pour ma collection privée ! Il est temps de repartir et nous nous réinstallons dans le train où nous profitons d’un délicieux repas dont nous nous partageons les plats. C’est bien agréable de se laisser conduire ainsi en dégustant les spécialités locales. Nous ne nous ennuyons pas, les paysages magnifiques se succèdent avant que nous attaquions la descente dans la vallée. Nous traversons encore une grosse ville animée où la voie ferrée longe ce qui semble être un marché permanent de plein air. Les rues sont encombrées par des stands où l’on vend tout et n’importe quoi, des allées pour la quincaillerie, d’autres pour les vêtements ou encore les ampoules électriques ou même les câbles. Alors que le soleil se couche, nous arrivons enfin en vue du mythique lac Titicaca, immense masse sombre immobile au loin. Dommage que le train ne s’arrête pas pour mieux profiter de cette vision féérique mais nous comptons rester quelques jours à Puno et aurons alors le temps d’en profiter.

L’altitude ne me réussit décidément pas puisque j’ai de nouveau mal au coeur et au ventre, la trêve n’aura pas duré longtemps. Je suis impatiente d’arriver enfin et bien contente que le train s’immobilise en gare de Puno. L’air libre me fait un peu de bien même si nous sommes encore à plus de 4000 mètres de haut et que tout effort s’avère épuisant. Nous essayons de nous repérer dans l’obscurité pour aller jusqu’à l’hôtel que nous avions noté dans notre guide et avons la chance de tomber sur un rabatteur que pour une fois nous suivons sans rechigner. La chambre est correcte sans plus, puisque sa seule fenêtre est sur le couloir, mais au moins il n’y fait pas froid et elle n’est pas chère. Je suis épuisée et ne rêve que de me reposer un peu, pas le courage d’aller voir ailleurs si on peut trouver mieux. Je laisse Thibaut s’occuper des formalités et m’écroule sur le lit. Heureusement le repos me fait du bien et, même si je n’ai toujours pas faim, je trouve assez d’énergie pour aller faire un petit tour à la découverte de la ville.


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