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Les tours mystérieuses

Mardi 5 Juin, Puno

mardi 5 juin 2007, par Laure


Comme dans les autres villes, les collectivos ne manquent pas à Puno mais par contre ce qui manque est un mode d’emploi ! Les indications succintes de notre guide ne suffisent pas à identifier clairement leur point de départ et les explications des policiers que nous interrogeons ne sont pas beaucoup plus claires, nos différents interlocuteurs n’étant pas d’accord les uns avec les autres. Alors que Thibaut semble prêt à poursuivre ses recherches, je craque et nous négocions le confort d’un taxi affrété spécialement pour nous. Une fois de plus, nous tombons sur un chauffeur sympathique qui nous propose un prix très raisonnable pour nous emmener jusqu’au site de Sillustani, nous attendre et en prime nous expliquer ce qu’il sait des endroits traversés. Nous voyons enfin au grand jour les paysages superbes traversés hier au crépuscule. Alors que la ville de Puno, moderne, bruyante et animée, n’a pas grand charme, les bords du lac Titicaca sont décidément magnifiques. Nous obliquons vite vers un second lac au bord duquel se situe le site antique de Sillustani. Nous grimpons sur la colline, traversant plusieurs petits villages aux belles maisons rustiques, et profitons au sommet d’une vue superbe sur le lac, éclatant sous le ciel uniformément bleu.

Sillustani est un ensemble de vestiges incas et pré-incas, principalement composé de mystérieuses tours de pierre qui étaient utilisées pour enterrer les morts. Un rituel bien précis imposait que l’ouverture des tours par où l’on faisait passer le corps soit orientée dans une certaine direction par rapport au soleil. Ces tours sont très bien conservées et restaurées et ces masses de pierre sombres dressées à flanc de colline sont impressionnantes. La construction de certaines tours est différente des vestiges incas observés jusque là, en effet elles appartiennent à des civilisations plus anciennes. Ici pas de murs dont les blocs sont ajustés au millimètre près, mais de grosses pierres rondes assemblées les unes sur les autres, jusqu’à former des tours de 5 à 10 mètres de haut. L’altitude élevée fait que nous avons le souffle court et nous prenons notre temps pour parcourir le site, chaque détour du sentier nous offrant un point de vue différent sur ce lac bleu roi aux berges couleur paille dont nous ne nous lassons pas. Nous sommes bien contents d’avoir délaissé pour un jour le si touristique lac Titicaca et son cortège de bateaux à moteur pour venir découvrir cet endroit plus reculé.

Notre chauffeur nous offre une visite surprise au retour en nous arrêtant dans une "casa campesina" (littéralement "maison paysanne"), une de ces maisons de pierre typiques que nous avons admirées à l’aller. Elle s’articule autour d’une grande cour, fermée par un mur de grosses pierres percé d’une arche servant d’entrée, et comporte plusieurs bâtiments destinés à loger toute la famille, tous construits en pierre et surmontés d’un toit de paille. Des taureaux de terre cuite porte bonheur dominent chacun des toits, toujours assemblés par paire. Nous achetons à la jeune femme qui a la gentillesse de nous faire visiter sa demeure deux de ces jolis taureaux dans une version plus petite... qui coifferont peut être le toit de notre future maison à la grande surprise de nos voisins français ! Détail amusant (à part pour les âmes sensibles), une réplique miniature de la maison avec exactement la même architecture de pierre et de paille sert d’abri à un élevage de cochons d’inde. En effet au Pérou, ces petites bêtes sont considérées comme un met de choix et servies rôties, ce qui fait que les paysans les élèvent comme des poules ou des lapins chez nous. Mais les cochons d’inde sont gâtés puisque, non contents de posséder une jolie maison, ils ont aussi droit à des miniatures de taureaux sur le toit pour leur porter bonheur !

De retour en ville, nous occupons l’après midi à des tâches plus prosaïques. Tout d’abord, nous nous baladons jusqu’au port afin de repérer un peu les possibilités de croisière sur le lac pour demain. Nous ne trouvons rien de plus que ce que nous a proposé l’agence de voyage de notre hôtel et décidons donc de nous en remettre à eux. Nous en profitons pour flâner un peu au marché artisanal local qui pour une fois nous réserve de bonnes surprises. Je m’offre quelques lainages pour compléter ma collection et affronter les rigueurs hivernales de la Bolivie, notre prochaine étape : tout d’abord des gants, puis un poncho, avant de craquer pour un magnifique pull de laine blanche tricoté à la main par une petite mamie. Seul problème, nous n’avons plus un sou pour régler cette dame, qui croit d’abord à une machination de notre part pour tenter de faire baisser le prix et finit par accepter de nous mettre le pull de côté le temps que nous retirions de l’argent. Il ne nous reste plus qu’à filer vers la gare routière à l’aide des drôles de cyclo-pousse locaux, retirer de l’argent, acheter au passage nos billets de bus de nuit pour demain soir, et revenir au marché où la mamie se réjouit de nous revoir et de toucher enfin son argent. De retour en ville, nous complétons notre organisation en réservant nos places pour une croisière d’une journée demain à la découverte des îles du Titicaca. Ouf, voici une après midi bien remplie !

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