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Lundi 11 Juin, La Paz

lundi 11 juin 2007, par Laure


L’aéroport d’Iquique n’est pas le siège d’une intense activité et nous ne sommes qu’une poignée de passagers à attendre notre vol en ce lundi matin. Nous avions prévu de prendre notre petit déjeuner ici et nous contentons de la seule et unique cafeteria, au personnel pas vraiment aimable et aux tarifs prohibitifs. Heureusement notre vol est à l’heure et nous décollons à 9h30 comme prévu pour un court trajet d’une heure. Nous avons la chance de survoler le parc Lauca dans un ciel uniformément bleu et profitons d’un dernier coup d’oeil vu du dessus à nos chers lac Chungara et volcan Parinacota. Décidément ces paysages resteront dans notre mémoire comme faisant partie des plus incroyables que nous ayons vus. Il est déjà temps de se poser à La Paz, découvrant ainsi El Alto l’un des aéroports les plus hauts du monde. Nous accomplissons notre petite routine maintenant bien éprouvée à l’arrivée dans un nouveau pays : récupération et déhoussage des sacs, recherche d’un distributeur pour retirer nos premiers bolivianos, la monnaie locale, et enfin saut dans un minibus qui semble desservir le centre ville. A l’inverse de la plupart des villes du monde, à La Paz, les pauvres vivent en haut et les riches en bas, gagnant ainsi quelques précieux degrés et un non moins précieux oxygène. Depuis El Alto, à plus de 4000 mètres, agglomérat d’habitations entassées sur l’altiplano où vivent les déshérités, nous descendons donc vers le centre ancien, à 3700 mètres. La rude grimpette sacs aux dos vers la rue de l’hôtel que nous avons repéré nous coupe le souffle, notre corps semble avoir déjà oublié la nécessité d’économiser l’oxygène après les quelques jours de "vacances" passés au bord de l’océan.

Une fois installés dans un joli hôtel situé dans une vieille maison coloniale et rassasiés d’un bon plat de pâtes, nous pouvons passer aux choses sérieuses et tout d’abord, les moins amusantes, appeler l’assurance pour savoir quand est mon rendez-vous tant attendu avec l’ophtalmologiste. Malheureusement, la jeune fille que j’ai au téléphone m’indique que ses collègues américains n’ont toujours pas réussi à m’obtenir de rendez-vous et qu’il me faudra attendre demain. Nous passons donc au plan B, décidant de prendre les choses en main au cas où l’assurance n’arrive à rien. Nous profitons donc du fait d’être dans une capitale pour nous rendre à l’ambassade de France, espérant qu’ils pourront nous aider. C’est pour nous l’occasion de découvrir les quartiers chics de La Paz, situés encore quelques centaines de mètres plus bas. Cette drôle de ville est en effet construite dans un étroit canyon et, plus on dévale ses pentes, plus les maisons se font luxueuses. Nous sommes accueillis par un très sympathique gendarme moustachu à l’accent marseillais qui nous donne immédiatement l’impression d’être de retour chez nous, cela fait du bien parfois. Nous pénétrons dans les luxueux locaux de l’ambassade, ambiance feutrée et ballet de personnel affairé, et profitons de notre passage ici pour remplir une fiche indiquant nos intentions de voyage en Bolivie. En cas de problème dans le pays, cela permettra à l’ambassade d’être au courant de notre présence, ce qui peut toujours être utile. Nous repartons munis des coordonnées d’un ophtalmologiste que nous appellerons demain si la piste de l’assurance ne donne rien.

Débarrassés des corvées, nous pouvons enfin flâner librement dans la ville dont la joyeuse animation nous plaît beaucoup. Bien sûr, il faut d’abord s’habituer au ballet incessant des taxis, des collectivos dont les rabatteurs crient inlassablement la destination finale et des drôles d’autobus arrondis, hybrides de camion et de minibus. Chaque traversée de rue est une épreuve et les trottoirs ne sont pas beaucoup plus calmes puisqu’il regorgent de petits vendeurs de rue, proposant babioles, nourriture, quincaillerie ou souvenirs pour les touristes. Nous avons toujours le souffle court et, la ville étant construite sur deux collines qui se font face, ménageons de nombreuses pauses dans les montées. Comptant rester quelques jours ici, nous prenons notre temps et repérons les endroits stratégiques, tout d’abord l’unique librairie mentionnée dans notre guide comme susceptible de vendre livres et journaux étrangers. Hélas c’est la déception, mon seul butin est un Newsweek de la semaine dernière, les livres français sont totalement absents et ceux en anglais sont un vieux stock de Harlequin semblant dater des années 50. Décidément l’Amérique du Sud n’est vraiment pas le paradis pour les lecteurs ne maitrisant pas l’espagnol... Il ne me reste plus qu’à compter sur les échanges de livres dans les hôtels pour renouveler mon stock. Nous rentrons aussi bredouilles de notre recherche de la cinémathèque qui reste introuvable à l’adresse indiquée dans notre guide, pas de chance nous espérions combler notre manque cinématographique. Nous nous consolons en flânant dans la rue Sagarnaga, à côté de notre hôtel, qui concentre un grand nombre de boutiques d’artisanat. Nous admirons les étalages colorés, regorgeant de couvertures, vêtements, bonnets et autres babioles typiques de la région. Nous rentrons à l’hôtel nous reposer avant un dîner léger, l’altitude fait à nouveau des siennes et notre appétit s’est envolé.

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