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A velo dans les rizieres

Jeudi 5 Octobre, Ubud

jeudi 5 octobre 2006, par Laure


Ubud est bien joli mais apres 3 jours passes a arpenter la ville, nous avons envie d’aller voir un peu plus loin. Nous sommes un peu perplexes quant a la maniere de se deplacer : louer des mobylettes nous semble un peu hasardeux au vu de la circulation infernale qui regne ici, les excursions toutes organisees avec guide ne nous tentent pas trop et quant aux tranports en commun, nous avons bien vu quelques bemos (sortes de petits minibus bien uses qui remplacent les bus ici, parcourant des trajets fixes et s’arretant a la demande pour prendre ou deposer les passagers) mais nous n’avons aucune idee ni de leur trajet, ni de leurs "horaires" ou de la maniere de les utiliser. Nous nous rabattons donc sur le velo, qui devrait nous permettre d’explorer les environs immediats de Ubud, le temps de reflechir un peu a la suite de notre programme et a notre organisation. La location n’est pas trop compliquee a arranger : le temps de dire au gerant de l’hotel que nous aurions besoin de velos et de finir notre petit dejeuner et voici un second Balinais qui arrive et nous tend les cles d’antivol de 2 superbes VTT gares devant l’hotel et dont nous devenons les heureux proprietaires pour 2 jours. Ca tombe bien, nous voulions partir tot pour eviter la chaleur et le plein soleil, intenables entre 11h et 14h.

Notre premier objectif est une promenade parmi les rizieres qui s’etendent au nord d’Ubud, par un sentier qui semble praticable en VTT et rejoint ensuite une route tranquille. Nous partons vaillamment, oublieux d’un seul detail : Bali est une petite ile composee de hauts volcans et donc... ce n’est pas complique ! Si on va en direction du volcan, ca grimpe et sinon, et ben ca descend, le tout ponctue de quelques pieges, la route alternant descentes abruptes et montees non moins brutales pour traverser le lit d’une riviere. Tout ca fait des jolis paysages de rizieres en terrasse (on est contents, c’est ce qu’on venait voir) mais n’ameliore pas notre moyenne horaire a velo, ni notre etat de fatigue (on est moins contents !). Ainsi, apres une belle descente dans Ubud jusqu’a la riviere, c’est en poussant les velos que nous attaquons le sentier, tellement raide qu’on ne peut esperer le monter a velo. Quelques metres plus loin, ce sont carrement des escaliers que nous devons grimper (en soulevant les velos), la pente devenait trop rude meme pour les pietons ! Si on ajoute a cela la chaleur etouffante dans ce creux de colline ou aucun souffle d’air ne circule, la balade s’annonce plus sportive que prevue. Heureusement, une fois en haut, nous decouvrons les beaux paysages attendus : tout autour de nous s’etendent les rizieres, mosaiques de petits carres delimites par des bordures de terre et des canaux d’irrigation. Certaines sont remplies d’eau et brillent sous le soleil, tandis que d’autres, deja recoltees, n’offrent que la paille rase et jaunie. Les degrades de couleur sont superbes sous le soleil et le ciel bleu eclatant. De petits autels plantes au milieu des champs et revetus de l’eternel tissu jaune et blanc, voire d’une petite ombrelle, agrementent le paysage. Un peu partout, des epouvantails defendent la precieuse recolte contre un predateur redoutable... le moineau, friand des grains de riz ! Les moins elabores sont de simples batons ou est accroche un sac plastique qui bat au vent, tandis que d’autres imitent a la perfection une silhouette humaine, parfois surmontee d’un cerf volant qui vole en plein ciel en battant des ailes et dont l’ombre et la presence dissuadent les petits oiseaux de frequenter le champ. Enfin, des sortes de girouettes, composees d’une pale actionnee par le vent emettent de legers claquements, la aussi pour faire fuir les oiseaux. Etonnant comme une riziere, meme vide, parait habitee ! Quelques groupes de paysans proteges du soleil par de beaux chapeaux chinois travaillent a repiquer le riz tandis que d’autres frappent inlassablement contre le sol les gerbes recoltees afin d’en faire tomber les grains. Certaines parcelles sont transformees en elevage de canards, qui sont tout heureux de pouvoir s’ebattre librement dans l’eau boueuse. Nous comprenons alors la reputation gastronomique du fameux canard fume de Ubud (specialite d’ici), l’approvisionnement ne doit pas etre trop dur a trouver ! Il ne reste plus qu’a leur apprendre la recette du foie gras et ce sera parfait. C’est vraiment surprenant de decouvrir un tel paysage de campagne juste derriere les rues animees (et bourrees de voitures et mobylettes) et bordees de restaurants et d’hotels de Ubud. Nous poursuivons notre promenade en traversant quelques villages perdus qui semblent loins de tout jusqu’a ce que quelqu’un sorte en courant d’une maison pour nous proposer une boisson fraiche ! Decidement, les touristes sont partout, ici. Nous rejoignons la grande route, tout de suite beaucoup moins charmante, et profitons d’une longue descente jusqu’a Ubud. Le midi, nous denichons un petit restaurant, semblable a tous les autres depuis la rue, mais offrant de sa terrasse une vue incroyable sur des rizieres bien cachees. Nous nous vengeons des dures montees en degustant un delicieux canard frit. Et oui, que voulez-vous, ca donne faim de croiser des canards toute la journee !

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